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Evènement

Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /2009 20:42

Sous l’égide de Sciences Po Monde arabe, l’association Capdéma a organisé hier une conférence intitulée : La gauche marocaine, bilan et perspectives. Etaient invités à débattre sur ce thème le Professeur Najib Akesbi (PSU), Nabil Benabdellah (PPS) et Omar Balafrej (USFP).

Après des interventions sommaires de la part des invités, certaines interrogations de la part de l’assistance ont tenté de se faire entendre et chercher réponses auprès de ces représentants de la gauche marocaine et ses perspectives d’union.

 

Je suis d’accord avec la démarche du Pr Akesbi qui cherche avant tout à faire un état des lieux de la gauche marocaine avant de pouvoir envisager un avenir commun. Il est certes essentiel de savoir d’où nous venons avant d’envisager une direction pour l’avenir. Le bilan ainsi fait, sombre ou nuancé, fait état d’un échec quant aux espoirs populaires soulevés par les diverses mouvances socialistes. En effet, force est de constater que le ministre USFP de l’économie et des finances qu’a été Fathallah Oualalou a été partie prenante des politiques de privatisations et libéralisations de l’économie. Nous pouvons être pour ou contre ses mesures, mais il est certain qu’il ne s’agit pas de mesures socialistes. Ceci n’est qu’un exemple, Habib ElMalki (USFP) dans l’éducation ou Mohamed Elyazghi au ministère de l’aménagement du territoire n’ont pas apporté les réformes essentiels permettant de réformer socialement ces secteurs. C’est précisément ces contradictions entres revendications partisanes et exécutions effectives de politiques paradoxales qui a miné la scène politique marocaine, propagé la confusion dans l’esprit des gens et, de fait, scellé la désaffection et la méfiance de la population envers les partis socialistes et la politique de manière générale.

 

Maintenant, que faire de ses constats ? Je suis pour la démission des dirigeants politiques qui ont failli à leur mission et qui ont trahi les orientations politiques des partis qu’ils représentaient. Au pire, il est nécessaire que les partis en question les écartent de leurs instances afin de montrer que l’engagement politique n’est pas une simple question d’opportunisme personnel. Le militantisme politique est un don de soi, une fidélité aux valeurs qu’on représente et le courage de porter au devant les actions qui s’inscrivent dans l’idéologie. A titre d’exemple, Driss Lachgar ne cesse de donner des signes d’ouverture tantôt au PJD et dernièrement au PAM. La majorité militante du parti était elle d’accord avec ces agissements ? si ce n’est pas le cas, alors il ne devrait plus représenter un parti qui souhaite trancher avec l’intégrisme religieux et les pratiques politiciennes que représente le PAM. Il est indispensable que la gauche marocaine se présente non seulement avec un discours nouveau mais avec des visages nouveaux.

 

Par ailleurs, quant aux perspectives d’union de la gauche, il est apparu primordial de définir clairement le socle des valeurs communes auxquels pourraient s’apparenter les différents partis de l’union. Omar Balafrej revendique par exemple la question de la laïcité. Je le félicite pour le courage d’avancer une question aussi essentielle pour les valeurs de gauche car l’incompréhension qui entoure cette notion vaut bien des méfiances, voire des injures. La laïcité n’est pas une démarche pour écarter la religion de la société. Bien au contraire, la laïcité défend l’exercice de tous les cultes et ce dans toutes leurs interprétations possibles et selon la sensibilité de chacun. Partant du principe de l’émancipation de l’individu, elle est le seul régime qui permet à chaque individu de vivre sereinement sa spiritualité sans être contraint par l’ingérence des autres. Elle est le seul régime qui écarte les dangers de l’exploitation politicienne de la religion.

 

Parmi les autres piliers de la gauche, considérer que chaque politique, chaque décision, doit se soucier de l’intérêt de l’humain, voire de la société et de l’environnement, avant de se soucier du matériel et du capital. A ceux qui se demandent à quoi bon réunir la gauche, à quoi bon un clivage gauche droite, et s’il ne vaux pas mieux se concentrer sur des politiques qui développent la richesse du pays d’abord, il a été répondu, à juste titre, que tous les politiques sont pour le développement économique du pays, la question est de savoir comment distribuer les richesses et quelles priorités de développement donner. Comment en effet justifier, par exemple, les milliards de dirhams prévus par le projet de TGV au Maroc alors que cet argent pourrait bénéficier à des institutions plus vitales à la société telle que la santé, l’éducation et la justice. Pourquoi chercher à se transporter plus vite si nous ne pouvons pas compter sur des soins de qualité dans les hôpitaux ou si les conditions d’éducation d’une grande partie de la population sont encore précaires ? Nabil Akesbi quant à lui insiste, avec une passion qui m’a ému, sur la nécessité absolue de réformer la Constitution marocaine afin de rendre le fonctionnement des institutions plus démocratiques. Je me joins totalement à son propos et à sa cause, néanmoins je doute que la méthode qui consiste à boycotter les élections et le gouvernement soit la meilleure manière de faire progresser la société sur cet aspect. La réforme constitutionnelle est une série de mesures qui peuvent être entreprises et mise en œuvre progressivement.

 

Pour ma part, et brièvement, j’estime que la désunion de la gauche est due essentiellement à un manque, voire une absence, de démocratie interne au sein des grands partis notamment l’USFP, et à l’abandon de la défense des intérêts des classes laborieuses, notamment des syndicats ouvriers.

 

Mais l’union de la gauche  marocaine ne se réalisera pas seulement en faisant le procès des fautifs historiques et en dressant les contours des valeurs communes. Nabil Benabdallah a bien souligné que le rassemblement nécessitera de faire des concessions sur les divergences secondaires et sur les crispations passionnelles des personnes. Les trois invités ont surtout fait un appel, que je souhaite relayer ici, à la société civile et à la jeunesse marocaine. L’union de la gauche ne saurait servir à quelque chose si elle se contente de compiler l’existant. Elle a avant tout besoin que tous les marocains qui partagent les valeurs universelles d’humanisme et de solidarité se joignent à l’effort. L’appel est lancé cette majorité des marocains qui boudent la politique et les urnes. Chacun par ses moyens et par ses méthodes, en étant partisan ou pas, en suivant l’actualité marocaine, en la commentant, et en la critiquant, en réfléchissant à des solutions alternatives prend part au devenir du Maroc. Omar Balafrej a dit que le militant de gauche est une personne qui se révolte devant la misère de nos concitoyens, devant l’injustice sociale et les conditions de vie précaires de la majorité des marocains. Il revient à chacun d’entre nous de prendre sa part de responsabilité et de s’unir pour le bien être de tous. Nous autres jeune génération, nous pouvons nous donner un large délai de 20 ans pour transformer profondément l’état des choses, mais si d’ici là l’état de la démocratie au Maroc reste le même, alors nous ne pouvons le reprocher qu’à nous même.

Par Chraîbi Réda - Publié dans : Evènement
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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /2009 19:34

Je suis un jeune en formation :
Je suis passionné de politique. Si je ne cesse de nourrir ma soif de connaissance théorique à travers la littérature à laquelle j’ai accès, je demeure un novice en matière de pratique de la politique sur le terrain. Quoi de mieux pour combler cette lacune que de s’engager dans la vie interne d’un parti ? Après avoir passé une année aux cotés de la Chabiba ittihadia (la jeunesse de l’USFP) à Casablanca, j’ai été déçu (pour ne pas dire choqué) par la faiblesse, ou l’absence, de l’action militante sur le terrain. Je peux compter sur les doigts de mes mains le nombre d’actions concrètes qui ont été réalisées en un an. Pour le reste, nos réunions se réduisaient à prendre un thé au Café Casablanca Bd My youssef et parler de choses personnelles.

Arrivé à Paris, et animé par le même besoin de me former, j’ai rejoins le Mouvement des jeunes socialistes au printemps dernier, durant la manifestation du 1er mai.  J’ai été stupéfait par le dynamisme de cette organisation. Je suis passé, si on m’excuse l’expression darija, de l’âne à l’avion. Chaque lundi, je reçois par mail le planning de la semaine des actions militantes prévues, souvent une voire plusieurs actions par jour : Réunions de section, cafés actu, diffusion ou collage de tracts, manifestations de soutien, formations thématiques, voyages, meetings avec le PS, etc. A chaque réunion, je croise des jeunes qui ont pour la plupart entre 18 et 20 ans, mais dont la conscience et les compétences politiques m’impressionnent compte tenu de leur âge (J’avoue qu’à cet âge là moi, je ne m’intéressais qu’à ce qui pouvait me faire rire ou me divertir). A chacune de leur prise de parole, dans le verbe comme dans la forme, j’ai le sentiment d’être devant une jeune pousse qui court vers un brillant avenir politique.

J’ai assisté hier soir à l’assemblée générale du MJS. Le mandat de la direction prenant fin, les trois courants du Mouvement concourent afin d’accéder à la direction et lui donner le ton de sa propre sensibilité. Pour résumer, il existe un courant dit de centre gauche qui admet le système économique actuel mais tente de le moraliser à la marge, il y a celui dit de social-démocratie qui aussi admet le capitalisme mais est plus offensif quant à l’affirmation des valeurs socialistes (biens sociaux, puissance publique, etc.), et enfin il y a le courant de socialisme authentique qui entend supprimer le capitalisme et le remplacer (ma sensibilité personnelle). Durant cette assemblée, les trois motions ont été présentées puis débattues avec l’assistance. Le MJS partage la crise identitaire de tous les mouvements de gauche, même ceux du Maroc. Un déchirement entre une persistance pour une alternative au capitalisme d’une part, et une approche progressive qui tente de ramener le système actuel aux valeurs socialistes d’autre part. Un débat passionnant a animé cette assemblée et il semblerait que la motion de « socialisme authentique » l’emportera dans le scrutin du samedi prochain (ce sera mon choix de vote en tout cas), que voulez-vous la jeunesse est idéaliste par nature. Malgré les difficultés que traversent le PS et toute la gauche en France, j’ai entendu des jeunes confiants dans l’avenir du socialisme, dans leur capacité à fédérer d’avantages de monde autour de leur idéaux et à changer le monde. La jeunesse est optimiste.

Wa finekoum wou fine’hna

Au Maroc, il me semble que nous partons de loin si nous évaluons l'organisation des mouvements de jeunes militants. La jeunesse des partis est atomique et centralisée à Rabat. L’action militante est négligée et se résume le plus souvent à un congrès durant l’été à Bouznika, surtout si aucune échéance électorale n’est en vue. L’activité des sections, lorsqu’elles existent, se confond avec celui d’autres associations non partisanes. L’accès au parti, quant à lui, relève du parcours du combattant. Moi-même, même en payant ma cotisation, même en ayant fréquenté les dirigeants de la chabiba durant un an et étais présenté à quelques figures du parti et au premier secrétaire lui-même, je ne suis pas arrivé à obtenir ma carte de membre (ils n’étaient peut être pas sûrs de savoir pour qui je voterais éventuellement lors d’un congrès).

D’un autre coté, la culture politique est largement discréditée au Maroc. Depuis notre tendre enfance, on nous explique que la politique, lorsqu’elle n’est pas dangereuse, ne concerne que les corrompus et les criminels. On nous explique que de toute manière il n’existe qu’une seule Personne au Maroc qui fait la politique et que tout le reste n’est qu’une bande de figurants. Et pour finir de nous dégouter de cette matière, on nous bachote au lycée un cours de droit constitutionnel indigeste (dit Education civique) alors que nous ne comprenons même pas encore ce qu'est le droit et encore moins ce qu'est la constitution.

Une mise à niveau de l’action politique au Maroc :

 Nous avons besoin de partis qui promeuvent, soutiennent et encadrent le militantisme des jeunes. Un parti qui investit dans sa jeunesse garantit sa pérennité et son dynamisme. Parce qu’ils ont plus de temps libre que les adultes, les jeunes ont une énergie précieuse à employer pour les partis. Il lui faut donc créer des sections de jeunes pour chaque quartier, former les jeunes à l’organisation et à l’animation des sections. Il faut leur donner les moyens de publier leur journal et de le distribuer, rédiger des tracts et les diffuser, organiser les réunions pour discuter l’actualité et l’histoire pour former jeunes membres et leur permettre de défendre les idéaux du parti au sein de leur environnement. Que les jeunes militants soient des porteurs d'idées et non pas des pions qu'on habille au couleurs du parti lors des scrutins et qu'on envoie distribuer des tracts dont ils ne connaissent même pas le contenu. 

Nous avons besoin de partis qui montrent aux jeunes que les actions militantes servent à quelque chose. Nous avons besoin que les jeunes retrouvent cette foi inébranlable en leur capacité à faire progresser notre société et qu’ils s’y investissent avec force et dynamisme. Il faut que la jeunesse militante et politique retrouve dans la société la place qu’elle a perdue, bon sang la répression politique des années 80 est passée maintenant ! Comment peut-on espérer une participation massive des gens à la politique si les écoles sont aseptisées de toute activité militante ? Place à un espace riche de militantisme dans les écoles et les universités pour ceux que cela intéresse ! Place à un retour du citoyen dans l’espace public pour se préoccuper de son pays !  Jeunes marocains donnez de vous-même à votre pays !

Par Chraîbi Réda - Publié dans : Evènement
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /2009 01:50

Un vent de militantisme chaleureux a porté la soirée que je viens de passer.

18H30 je rejoins les membres de l’association CapDéma qui m’ont informé de la manifestation commémorant le 44e anniversaire du rapt de Mehdi BenBarka. J’ai réalisé que cette manifestation a lieu chaque année. 50 à 60 personnes se sont réunis devant la fameuse brasserie Lipp à St Germain, brandissant des pancartes avec des photos de l’homme historique, pour honorer la mémoire de celui dont le nom est indissociable de l’histoire récente du Maroc.

Les fils Benbarka ont pris la parole, d’abord pour remercier les organisations qui soutiennent leur action et leur cause, et ensuite pour rappeler leur combat pour la vérité et la justice, justice toujours en instance depuis des décennies. Bachir a défendu l’honneur de son père contre ceux qui tentent de salir son nom à des fins opportunistes, au Maroc comme en France. Nous autres, nous avons senti l’âme de ce grand homme planer sur notre rassemblement.

Il est important de se souvenir, de commémorer le destin singulier et tragique de la « dynamo ». En lui rendant hommage, nous rendons hommage à son combat pour la démocratie et l’émancipation du peuple marocain. Nous nous inspirons de ses idéaux pour leur donner un souffle nouveau. Nous inscrivons notre propre démarche dans un élan quasi centenaire.

19H30 fin de la manifestation. Je fais la connaissance Mohamed Fredj (photo ci-contre). Prise de photo avec Bachir Ben Barka (photo ci-dessous) et collecte de tracts. J’ai reçu un papier appelant à la solidarité avec les 850 ouvriers licenciés dans la région de Khouribga par la filiale de l’OCP. Je n’étais pas au courant de cette affaire, mais je tiens à relayer ici leur histoire. Il s’agit encore d’un cas de licenciement de personnel suite à leur souhait d’adhérer à un syndicat ouvrier. J’insiste régulièrement sur mon blog, suite à ce genre d’affaires, pour rappeler que le syndicalisme est un droit fondamental du travailleur et un outil à la disposition du bien être des salariés et de la prospérité de l’entreprise. Je souhaite que le gouvernement se saisisse de leur sort et les préserve de la précarité dans laquelle ils se sont subitement retrouvés.

20H je m’attable dans un café avec des membres de CapDéma et le Professeur Najib Akesbi. Nous avons eu un débat passionné autour de sujets en vrac. Bloging, Economie, Politique, Agriculture, etc. J’ai été sensibilisé aux conséquences anti démocratiques de l’article 51 de la constitution. Ce dernier en effet donne un droit de Véto au gouvernement sur les amendements de la loi de Finances, cette dernière ne peut dans ce cas bénéficier des concertations parlementaires si elles déplaisent au gouvernement. Ce véto aurait été utilisé des dizaines de fois l’année dernière.

Ainsi en est-il également pour d’autres dispositions qui rendent l’accès d’un parti à un gouvernement problématique puisqu’elles l’empêchent de gouverner librement et d’appliquer son programme électoral pour lequel, théoriquement, il serait élu. Je réalise désormais combien l’avènement de la démocratie au Maroc est tributaire d’une réforme constitutionnelle.

Nous avons enfin discuté de l’initiative du PPS, du PT et FFD qui ont décidé de former un même pôle progressiste, et de la position du PSU vis-à-vis de cette démarche. Je pense à ce sujet qu’il serait regrettable de manquer cette occasion de rassembler les partis de gauche et de les unir en un seul parti. Je n’entends pas l’argument qui dit qu’un parti comme le PSU ne se joindrait pas à ce pôle car il ne partage pas la même opinion que les autres partis sur certains sujets et certaines notions « de gauche », ni la critique qui consiste à discréditer un parti comme le PPS ou même l’USFP sous prétexte que certains de leurs membres ont été au gouvernement durant des années et qu’ils n’ont pas appliqué leurs programmes et leurs revendications.

D’abord, il ne faut pas porter de jugement sur tout un parti en analysant les faits et gestes d’un seul de ses membres, fût il un représentant du dit parti. Car si cette personne a trahit ses idéaux c’est elle qui s’est discréditée non pas le parti et encore moins ses idéaux.

Ensuite, il est tout à fait normal que les différents partis de gauche aient des points de vue différents même sur les notions les plus fondamentales. Pourtant, cela ne saurait être un obstacle pour la création d’un parti qui les rassemblent tous. D’ailleurs, il n’existe probablement pas un grand parti dans le monde où tous les membres sont tous d’accord sur tout. Au contraire, je vois parfaitement tous les partis progressistes réalisant un même parti tout en gardant leurs identités propres en formant des courants en son sein. Ainsi, il reviendrait à chacun d’eux de batailler pour faire pencher la majorité au sein du parti vers ses propres sensibilités, mais l’essentiel est qu’ils soient tous embarqués dans un même véhicule qui fera avancer efficacement les idéaux socialistes au Maroc et les conduira à conquérir le pouvoir par les urnes. Il faut garder à l’esprit que l’union implique obligatoirement des compromis, mais l’union fait la force. Pourquoi ne pas reformer l'Union de Ben Barka, l'UNFP.

Revenons pour finir aux basics, à cette soirée consacrée en l'honneur des héros et fondateurs de la gauche marocaine, je vous invite, pour ceux qui ne la connaisse pas, à visionner la vidéo Ben Barka : l'équation marocaine, introduite par le témoignage émouvant de Mr Mohamed Fredj.  

Par Chraîbi Réda - Publié dans : Evènement
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Dimanche 17 mai 2009 7 17 /05 /2009 22:10

L’édition 2009 des JJM vient de s’achever au 15e arrondissement de Paris sous un appel festif et solennel à aller voter aux prochaines élections communales. 3 sessions durant lesquels différents thèmes ont été présentés et discutés avec des intervenants de qualité. Une initiative réussie de la part de l’AMGE qui doit être réitérer plus souvent dans l’année.

 Le thème du premier jour était celui de l’ « être marocain ». J’ai été agréablement surpris de constater que le consensus général était de se méfier d’une définition du marocain qui exclurait de fait une partie des marocains qui ne s’y reconnaitrait pas totalement. Je pense que la question, pour ne pas dire la crise, de l’identité au Maroc est un signe positif que notre société mûrit. Je pense aussi qu’il faut faire la nette distinction entre la culture marocaine et l’identité du marocain. Il est certes bon de répertorier l’ensemble des éléments qui forment notre culture, en partant de la cuisine à la musique, en passant par les codes vestimentaires, le socle des croyances communes, sa localisation géographique, notre histoire, les langues pratiquées, etc. Il est bon de les connaître, de les valoriser et de s’y réf érer en tant que patrimoine. Néanmoins, cette culture ne saurait cadrer et figer la personnalité de tout marocain. Bien au contraire, Le rôle des politiques est justement d’assurer la totale liberté des marocains quant aux orientations qu’ils veulent donner à leur vie vis-à-vis de la culture marocaine ainsi définie. Ainsi, la maturité que vivra notre société dépendra de son essence propre et non de la direction qui lui serait assignée arbitrairement. La diversité de notre société doit être protégée et garantie.

 Le thème abordé aujourd’hui le dernier jour a été celui du « Militant de demain ». Les présentations ont tourné autour, d’une part, de la figure du militant hier et aujourd’hui encore, et d’autre part, sur les nuances idéologiques des partis représentés. Légèrement hors sujet donc. Il aurait été plus judicieux, à mon avis, d’expliquer les modalités pratiques du militantisme aujourd’hui. Si demain je vais militer politiquement pour un parti, quels sont les structures d’accueil prévues pour intégrer et encourager les militants de demain ? et pour cause, je suis allé demandé à Ali Bouabid (USFP) comment pourrais-je militer en étant résident en France ? Il m’a orienté vers un « responsable de la section à Paris. Après un échange de coordonnées, le dit responsable m’a expliqué qu’il est question de créer une association de progressistes marocains. C’est une initiative louable et espérons que nous pourrions un jour disposer d’une structure de promotion des valeurs démocratiques et sociales aussi bien en France que dans chaque arrondissement au Maroc. Une structure qui soit dynamique et efficace capable de fédérer et de proposer des solutions pour le Maroc de demain.

 Je suis retourné de ces JJM avec la conviction que le marocain est bon. Il est capable du meilleur pourvu qu’il soit incité et qu’il dispose des moyens appropriés. Il faut donc multiplier les initiatives comme celle-ci qui rassemblent les marocains et sèment en eux les germes d’un engagement positif et constructif pour le Maroc.

Par Chraîbi Réda - Publié dans : Evènement
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