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Fonction publique

Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 23:21

Les étudiants des instituts publics de formation aux carrières de santé sont inquiets pour leur avenir. Ils étaient quelques 600 à manifester la semaine dernière (le jeudi 4 février) à l’Institut et à l’hôpital universitaire Hassan 2 à Fès. Ce mouvement, suivi par une vingtaine d’autres instituts à travers le Royaume, entend dénoncer l’accord conclu entre le ministère de la santé et la commission de coordination des promotions de 2007 à 2009. Cet accord exclu tout bonnement les étudiants des instituts publics des recrutements à effectuer par le ministère dans ses hôpitaux et ce pour les trois prochaines années. Voilà de quoi saper le moral de ces étudiants pour qui le chômage semble être désormais le seul débouché à leurs efforts. Le syndicat national des étudiants de ces instituts exige d’ouvrir un dialogue avec le ministère de tutelle, mais ce dernier se refuse à entendre ses revendications. Cette manifestation est la 2e du genre après celle du 14 janvier. Si ce dossier n’est pas débloqué, les étudiants risquent de recourir à des mouvements plus radicaux comme une grève de la faim.

Des promesses non tenues, des attentes infondées

Ce gel des recrutements semble curieux alors que les hôpitaux publics souffrent d’un manque patent de personnel qualifié et que le ministère affiche une politique de ressources humaines visant à faire passer le ratio de prestataire de soin de 1,86 à 2,5 pour mille habitants en 2012. Il semble surtout discriminatoire puisque les recrutements demeurent ouverts aux étudiants issus des instituts privés. C’est bien là l’origine du mécontentement des étudiants qui manifestent. Ils ne comprennent pas pourquoi est ce que le même ministère qui leur dispense la formation leur ferme les portes de ses hôpitaux. Ils exigent d’être recrutés en priorité à la fonction publique d’autant plus que les instituts publics de formation aux carrières de santé appliquent des critères qualitatifs d’enseignement et de concours généralement supérieurs à ceux observés MS dans le domaine privé. Il semble y avoir une attente tacite de la part des étudiants sous la tutelle du ministère de la santé qui leur garantirait un poste à la fin de leurs études.

Le ministère de la santé a la responsabilité de gérer les ressources humaines des services publics de santé. Cela veut dire qu’il faut estimer le besoin de personnel notamment dans les hôpitaux publics et de prévoir un contingent d’étudiants en formation pour répondre à ce besoin. Certes, mais est ce que cela signifie que le ministère promet un poste à chaque étudiant dans les instituts relevant de sa tutelle ? Est-ce que cela signifie que la fonction publique dans la santé doit être exclusivement réservée à ces étudiants ?

Clarifier la politique de santé en matière d’enseignement et de recrutement

Il faut faire une nette distinction entre service public de formation et service public de santé. Les jeunes qui souhaitent faire carrière dans la santé doivent certes pouvoir compter sur une formation étatique de qualité, quelque soit leur projet professionnel, qu’il soit tourné ver le public ou le privé. Néanmoins, le ministère de la santé doit signifier à chaque étudiant qu’en lui dispensant la formation il ne lui garanti pas pour autant un travail et un débouché. Les étudiants qui manifestent semblent reprocher au ministère de ne pas respecter ce contrat tacite.

Aussi, l’Etat doit attribuer les postes aux plus méritants, qu’ils soient issus de formations du public ou d’instituts privés, à condition de vérifier scrupuleusement le sérieux de ces derniers à travers des cahiers des charges. Les procédures de recrutements dans les hôpitaux publics doivent être équitables pour tous les étudiants. Elles doivent être transparentes et reposer sur des critères rationnels et objectifs. Ainsi, cela dissipera les tensions entre d’un coté les étudiants des instituts publics et, de l’autre, ceux du privé, tensions qui donnent parfois lieu à des représailles physiques.

Enfin, la santé est un bien qui doit être considéré comme public. Il doit faire l’objet d’un programme massif d’investissement en multipliant le nombre des hôpitaux. A travers ces manifestations d’étudiants, on peut penser que les ressources humaines semblent disponibles. Il ne manque plus qu’à investir dans les édifices et le matériel. Cela créera des emplois pour ces étudiants soucieux de leur avenir et permettra à la population d’accéder plus facilement aux soins.  Il revient aux politiques de donner toute l'importance à un domaine véritablement prioritaire et vital.

Par Chraîbi Réda - Publié dans : Fonction publique
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 00:28

Les syndicats de tous les secteurs semblent se coordonner pour effectuer un tir groupé sur le gouvernement afin de l’inciter à répondre à leurs revendications. Aujourd’hui 10 décembre est la journée mondiale des droits de l’homme et les syndicats comptent bien le marquer en militant pour leur droit à des conditions décentes de travail. http://www.maroc-annuaire.com/images/img_actualite/110109_p_greve.jpgAux cotés du secteur de l’agriculture et l’enseignement dont j’ai déjà annoncé ici la tenue des grève, se joindra l’Organisation démocratique des collectivités locales qui appelle à la grève aujourd’hui et demain.

Au menu de leur revendications, d’après l’article d’Assabah, l’ouverture d’un dialogue avec le Ministère de tutelle et ne pas se contenter de recevoir ses avis et décisions prises unilatéralement. Chakib Benmoussa avait en effet promis, il y a un an, que 2009 sera l’année où les dossiers suspendus seront réglés tant sur le plan administratif et matériel que sur le plan de la gestion des ressources humaines. Or, il s’avère d’après Mohamed Nhili, SG du syndicat en question, qu’il n’en est rien, bien au contraire. Des revendications concernant le statut et les primes de compensations sont restées sans réponses. Néanmoins, il y a une revendication que je voudrais particulièrement souligner ici : il s’agit de créer un « Conseil Supérieur de Collectivités locales ».


De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’une institution représentative de la fonction publique, qui serait composée de représentants des syndicaux, de partis, mais aussi du ministère de tutelle et pourquoi pas d’associations de la société civile. Ce modèle existe déjà en France par exemple, qui est dotée d’un Conseil supérieur de la fonction publique territoriale depuis 1984.

L’objet d’un tel Conseil est d’institutionnaliser le dialogue social en matière de législation sur la fonction publique. En effet, toutes les questions intéressant ce secteur, qu’il s’agisse de décrets, de lois ou même de règlements internes ou de conventions sont soumises à consultation auprès de ce Conseil. Même si le gouvernement peut théoriquement passer outre son avis, sa consultation donne l’opportunité à tous les concernés d’exprimer leur point de vue et de proposer des amendements. En résumé, c’est un genre de parlement interne au secteur de la fonction publique.


La transition démocratique ne saurait ignorer le dialogue social

Les revendications de l’ODT qui font l’objet de la grève d’aujourd’hui trainent depuis longtemps, elles avaient déjà conduit à l’appel à la grève l’année dernière. Il est grand temps d’y apporter des arbitrages concertés qui réconcilient les points de vue des syndicats et du gouvernement.

http://www.mmsp.gov.ma/francais/LeMinistere_fr/LeMinistre_fr/Image_LeMinistre_fr/MohamedAbbou.jpgMais pour prévenir que le climat ne se crispe à ce point et que le dialogue soit ignoré dans la gestion de la fonction publique à l’avenir, il serait bon aussi de mettre sur place un Conseil représentatif de ce secteur. Il ne s’agit pas de copier bêtement le modèle étranger, mais nous ne réinventeront pas la roue en matière de démocratie. Cela passe obligatoirement par des la création d’institutions qui donne toute sa place au dialogue social entre les acteurs concernés. En soumettant les diverses projets à leur consultation, ce Conseil libèrera la parole au lieu de la frustrer, entrainera le microcosme du secteur à la concertation et à la compréhension mutuelle et responsabilisera chacun devant ses droits et ses devoirs. Un Ministère appelé à moderniser la fonction publique aurait tout à gagner à se charger de la création de ce Conseil.

Par Chraîbi Réda - Publié dans : Fonction publique
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /2009 20:06

Le manque ou absence de dialogue social conduit encore à l’appel à la grève dans le secteur agricole ou celui de l’enseignement.

La Fédération nationale du secteur agricole (UMT) reproche au Ministre de tutelle, Aziz Akhannouch, de refuser d’ouvrir le dialogue avec elle sur les sujets qui concernent pourtant directement les membres qu’elle représente. Pourtant, la FNSA, même si elle n'emploi pas des consultants internationaux pour élaborer ses plans, a son mot à dire et a d’ailleurs organisé le 11 novembre le 2ecolloque national des employés de l'Office national de la sécurité sanitaire des aliments (ONSSA) afin de discuter des avancées sur le régime général de cet Office actuellement en cours de finalisation. Selon l'article d'Assabah, l’ONSSA a donc décidé d’effectuer une grève le jeudi 3 décembre et d’organiser un sit-in de protestation devant le Ministère de l’agriculture le 10 décembre.

Ça tombe bien car le 10 décembre justement est également le jour où le Ministère de l’enseignement verra aussi un sit-in de protestation de la part du Front national de syndicats autonomes de l'enseignement. Ce dernier, selon l'article d'Assabah, annonce de son coté une grève ce jour là pour dénoncer aussi le refus du dialogue social et le mutisme face aux revendications des employés du secteur, qui sont d’ailleurs accusés de la part du Ministère de freiner la réforme actuellement en cours de l’enseignement au Maroc. Les syndicats entendent pourtant insister sur certains points, selon leur communiqué, notamment sur les indemnités pour l’enseignement dans les campagnes et les dispositions de la nouvelle loi encadrant les grèves.

Des réformes libérales avec des méthodes non démocratiques

L’instauration de l'Office national de la sécurité sanitaire des aliments est globalement un progrès indéniable en matière de protection des consommateurs contre les risques liés à la commercialisation de produits dangereux pour la santé. On ne compte plus le nombre de personnes victimes de la lconsommation d’une viande avariée ou de produits industriels toxiques. Néanmoins, le régime général de cet Office qui définira l’organisation, le fonctionnement et le travail des employés qui seront chargés de cette mission est en cours de finalisation. Certains articles de la loi portant création de l’Office (p202 du BO) donne matière à débattre quant à la démocratie interne censée régir cet organisme. L’article 5 stipule que « le conseil d’administration est composé des représentants de l’Etat ». Quid des représentants du personnel de l’Office ou même des représentants des filières agricole qui seront soumises ses contrôles ou des associations de protection des consommateurs ? L’article 9 quant à lui énonce que « le directeur général détient tous les pouvoirs et attributions nécessaires à la gestion de l’ensemble des services de l’office et agit en son nom ».  Quid des bonnes pratiques de bonne gouvernance qui conseillent d’éviter d’attribuer trop de pouvoirs à une même personne ?

 

Si les organisations syndicales au Maroc pêchent souvent par manque d’organisation, il est certain que ce gouvernement n’encourage pas l’activité syndicale. Nombres d’employés sont licenciés ou menacés par les forces de l’ordre alors qu’ils tentent uniquement d’appeler à faire respecter le code du travail en vigueur, en témoigne cet exemple des domaines agricole Kabaj Massa. Pourtant, le dialogue social est le moyen le plus démocratique et le plus pragmatique de réformer efficacement une entreprise ou un secteur en tenant compte des conditions des plus personnes concernées en premier lieu à savoir les employés.

Celui de l’enseignement ici est un autre exemple flagrant. L’école ne perce pas dans le milieu rural pour de nombreuses raisons d’infrastructures et de conditions socio-économiques mais aussi par le manque de motivation des enseignants de se voir éloigner des centres urbains et de leur environnement familial. Ce n'est pas tout, les enseignants dénoncent la surcharge des écoles publiques et avaient fait grève le 29 octobre dernier. Pourtant, le Ministère de tutelle, dirigé par le secrétaire génaral adjoint du PAM, se refuse d'admettre cette réalité et prétend, dans son communiqué, que les grèves ne sont motivées que par des calculs politiciens. Peut être que le rapport de la Banque mondial sur le système éducatif au Maroc lui paraitrait plus crédible, ce dernier confirme "les reproches et les critiques faits à un systèmes qui a montré ses limites". 

Les mesures sociales défendent la société et l’humain avant tout

Une prime pour l’enseignement rural serait une mesure positive pour inciter les professeurs à investir les campagnes. Le gouvernement devrait s’ouvrir à cette revendication syndicale, mais aussi à d'autres solutions telles l'introduction massive des TIC pour moderniser nos usines de savoir et de compétences.

La loi en-cours sur les grèves est une régression sociale puisqu’elle réduit les marges de manœuvres des syndicats lorsque les portes du dialogue avec le patronat demeurent fermées. Ce droit de dernier recours doit subsister dans la mesure où il ne perturbe pas la sécurité de la société. Mais ce droit aurait été négligé si les syndicats n’avaient pas besoin d’y recourir, si les parties partenaires accepter un dialogue constructif.

Les partis de gauche, qui traditionnellement accompagnent les revendications pour l’amélioration des conditions ouvrières, doivent formuler des propositions concrètes que cela soit au sein du parlement pour les projets de lois en cours, ou à travers des communiqués officiels pour dénoncer les régressions sociales que subit le monde du travail au Maroc.

Par Chraîbi Réda - Publié dans : Fonction publique
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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /2009 17:08

Une opération de routine qui tourne mal

Alors qu’un avis de recherche est lancé contre lui par la Gendarmerie royale dans les environs de Dar Bouazza, un dealer de drogue envoi sa maman pour tenter de corrompre le commandant de la brigade locale afin qu’il suspende les recherches, moyennant une somme de 10.000 Dhs selon le communiqué de Gendarmerie.

Dans un pays où le poison de la corruption a contaminé toutes les structures de l’administration sans épargner les forces de sécurité, l’opération devait sembler sans risques pour cette femme. Le résultat l’a probablement surpris puisqu’elle se retrouve aujourd’hui arrêtée pour tentative de corruption du commandant de la brigade. La recherche de son fils, quant à elle, entamée avec la campagne d’assainissement du 19 novembre est renforcée.

Le sommet d’un double iceberg

Cette femme n’aurait probablement pas entrepris cette opération si elle ne savait pas combien la corruption est répandue dans notre pays. Pire, sur cet aspect nous ne faisons que régresser d’année en année. En effet, « avec une note de 3,3 sur 10 et une 89ème place, le Maroc confirme sa régression régulière non seulement à l’échelle mondiale en perdant 9 places mais également à l’échelle arabe et continentale » indique le communiqué de Transparency Maroc du 17 novembre.

Sur un autre versant, le Royaume, déjà notoirement connu pour être l’un des plus grands fournisseurs au monde de drogue douce, devient depuis ces dernières années une plate forme de transit et de trafic de drogues dures. Avec des enjeux autrement plus grands, c’est un véritable Etat dans l’Etat qui tente de s’imposer au sein même du territoire. Les moyens employés sont à la hauteur des sommes astronomiques que représente ce trafic. Ces organisations disposent de leurs propres aéroports clandestins et avions afin d’acheminer leurs marchandises partout et plus vite. A ce propos, les autorités ont enregistré en 2009 par moins de 13 violations de l’espace aérien par ces caravanes spatiales de la drogue. Fort heureusement, les autorités marocaines ont remporté plusieurs batailles dans cette guerre ouverte, nous pouvons nous en féliciter. Des réseaux de grandes envergures ont déjà été démantelés. Le dernier d’entre eux, un certain Lamfadel Akdi dénommé « Triha » s’est transformé en véritable affaire d’Etat. Depuis qu’il est écroué, il ne cesse de surprendre par l’étendue vertigineuse du réseau qu’il a constitué. Aucune institution n’est épargnée par ces dénonciations : Agents de la douane, de la Gendarmerie, Responsable dans la Justice, Avocats, ex-député… La force de l’infiltration est sans limite.

Ces deux immenses problématiques pour le Maroc que je viens d’évoquer, et dont les contours ne sauraient être dressés en un seul billet, sont intimement liés et c’est ce que je veux souligner. Si la lutte contre les barons de la drogue relève à plus d’un égard d’une entreprise militaire, la lutte contra la corruption est plus accessible à nous autres citoyens ordinaires et démontre ici toute son importance. Car en luttant contre la corruption, en plus de favoriser la démocratie et le développement juste et harmonieux de notre pays, nous parviendrons par la même occasion d’éviter que le Maroc devienne une nouvelle Colombie, où les cartels de drogue font la loi et où leur poison s’écoule à l’export comme à l’intérieur du pays. Le vendredi dernier (le 20 novembre), la police judiciaire de Tétouan a arrêté un dealer de 28 ans en possession de près de 8000 doses d'héroïne et de cocaïne. C’est une formidable capture, mais combien d’autres de ses acolytes sévissent dans les quartiers ?

Des organisations et des hommes

Rendons d'aobrd hommage à ce Commandant de la brigade de Dar Bouazza qui a refusé de se faire corrompre pour couvrir un dealer. C’est tout à son honneur et c'est un geste d’autant plus héroïque qu’il se dit que la corruption des agents de la sureté augmente d’autant plus avec l’approche de la fête du mouton… Nous avons besoin de féliciter et d’encourager ces gestes afin de favoriser une culture de la probité et de l’intégrité dans les rangs de ceux qui sont chargés de notre sécurité.

Mais la carotte ne suffit pas, il faut aussi que des campagnes d’assainissement soient entreprises afin de traquer les agents qui se laissent tenter par les billets. Alors que Maroc a été choisi pour abriter en 2011 la 4ème édition de la conférence des Etats parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la corruption (UNCAC), des mesures draconiennes doivent être mise en œuvre pour lutter contre cette honte nationale. Cette convention en soi est un guide pratique pour indiquer au Etats une méthode efficace pour lutter contre la corruption. Nous sommes tous appelés à l’appliquer et nous y conformer, même si le processus s’annonce « laborieux » de l’avis du Président de l'Instance centrale de prévention de la corruption (ICPC), Mr Aboudrar (un grand monsieur que j’ai eu l’honneur de rencontrer aux JJM 2009). Pourtant, certaine mesures semblent accessibles : L’article 8 de cette convention, intitulé « Code de conduite des agents publics », propose une série de mesures intéressantes notamment « de mettre en place des mesures et des systèmes de nature à faciliter le signalement par les agents publics aux autorités compétentes des actes de corruption dont ils ont connaissance dans l’exercice de leurs fonctions » mais aussi d’appliquer des « mesures disciplinaires ou autres à l’encontre des agents publics ».


Concrètement, ce que je propose pour ma part, est la mise en œuvre de pièges : Lorsqu’un agent, d’administration ou de sécurité, semble se laisser adonner à une forme ou une autre de corruption, un piège peut lui être tendu. Une pseudo tentative de corruption peut lui être proposée et, si il l’accepte, le filet se resserre contre lui en engageant des poursuites judiciaires, témoins et preuves à l’appui. Cette initiative devra être relayée et rendue publique pour avertir les autres agents que la fête est finie. L’objectif n’est pas de remplir d’avantages les prisons (de toute façon il n’y a plus de place) mais d’éduquer les agents et les citoyens à une culture de l’éthique et de la responsabilité. Pour appuyer cette démarche Transparency Maroc a déjà mis en place un Centre d’Assistance qui « assure l’accueil des citoyens et le traitement de leurs requêtes afin de leur procurer, par l’assistance et le conseil juridiques, un appui pour réagir à tous les problèmes relatifs à la corruption ». La société civile seule peut faire avancer les choses, mais si les pouvoirs politiques y mettent du leur en propageant et en systématisant des campagnes de « pièges », nous pouvons très vite  venir à bout à ce puissant frein à notre développement.


 

Louis Antoine Léon de Saint-Just disait que « Les institutions sont la garantie du gouvernement d'un peuple libre contre la corruption des moeurs, et la garantie du peuple et du citoyen contre la corruption du gouvernement. »




Par Chraîbi Réda - Publié dans : Fonction publique
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Jeudi 27 août 2009 4 27 /08 /2009 12:49

 

Pas la peine d’aller chercher votre document administratif, les collectivités locales sont en grève aujourd’hui et demain. A part Lematin et Assabah, personne ne semble s'en soucier alors que le Ministère de Tutelle, à définir, devrait se charger de ce dossier.

 

Etat des lieux:

Les deux syndicats du secteur des collectivités locales FDT et UMT appellent aujourd’hui et demain les 300.000 ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales du Royaume à une grève afin “d'attirer l'attention des responsables et en particulier le ministère de l'Intérieur pour l'ouverture d'un dialogue. Mais aussi pour mettre sur la table toutes nos revendications.”

Le résumé de ces revendications est le suivant:

-          Défendre l’activité syndicale et réinsertion de ceux qui ont été licenciés pour activité syndicale

-          Augmentation des salaires pour faire face à l’augmentation du coût de la vie.

-          Récupération de l’indemnité spéciale due à la suppression des échelles 1 à 4

-          Suppression de la discrimination entre les fonctionnaires de l’Etat et les fonctionnaires des collectivités, en matière de droits et du bénéfice des accords conclus,

-          Réaliser l’institut des oeuvres sociales pour les fonctionnaires des collectivités locales

-          Mise en oeuvre d’examen d’aptitude professionnels pour la promotion des fonctionnaires

-          Régularisation des employés diplômés et non insérés dans leurs échelons respectifs        

 

Problématique:

En ces temps de grèves multipliés dans plusieurs secteurs, dont celui de la RAM ou celui du textile, il existe un gouffre grandissant entre les salariés et les employeurs ou les organismes de tutelles qui souffrent d’un manque voire d’une absence de communication et de dialogue de concertation. L’expérience d’autres pays, notamment comme l’Allemagne ou la Suède, montre qu’un système où les syndicats sont bien organisés et respectés par les employeurs prévient les conflits sociaux et favorise la bonne collaboration et l’efficacité des employés.

 

Le droit au syndicalisme au Maroc est prévu par le Code du travail. Néanmoins, dans les faits, il est rarement appliqué et respecté par les employeurs. Par exemple, le Code du travail interdit spécifiquement aux employeurs de licencier des travailleurs qui auraient participé à une action légitime de syndicalisation. Or, nombreux sont les cas de personnels licenciés justement pour avoir mené des actions de revendications sociales. Certains présidents des collectivités locales et des gouverneurs des provinces et des préfectures confisquent les droits syndicaux, limitent leur exercice. La Confédération Syndicale Internationale, quant à elle dénonce dans son rapport l'internement de 14 syndicalistes marocains durant l'année 2007. 

 

Par ailleurs, le coût de la vie au Maroc a effectivement augmenté récemment, dénoncé par des manifestations populaires successives durant l'année dernière. Cela touche en premier lieu les salariés aux revenus modestes qui voient ainsi leur standard de vie se dégrader. Or, des employés qui vivent mal leur situation économique ne sont pas efficaces dans leur travail, et cela n’est bon ni pour eux ni pour la collectivité ni pour les administrés.

 

D’un autre coté, quiconque a eu affaire à l’administration marocaine a probablement eu à patir de la lenteur et de la difficulté de procéder aux fins souhaitées. La faute est facilement mise sur le dos de la mauvaise volonté et la mauvaise foi des agents, mais il n’échappe à personne non plus de constater de visu leur manque d’équipement et de formation.

 

Proposition:

Le Ministère de l'intérieur doit se saisir de la question du statut des employés des collectivités locales, qui date de 1977.

Il est nécessaire de promouvoir et de défendre le dialogue social en donnant aux syndicats les moyens de représenter correctement et efficacement les employés. La justice doit défendre le droit des salariés à entreprendre des actions syndicales légitimes et appliquer les lois qui sanctionnent les abus des employeurs. Ici, il est nécessaire de réinsérer les agents des collectivités locales licenciés pour ces motifs et de leur garantir leurs droits sociaux, notamment M. Rami BOUJEMAA relevant de la municipalité de Tifelt, province de Khemisset qui a été suspendu depuis 3 ans et Abderrahim EL BAGHDADI, fonctionnaire à la commune de Tsiris, province d’El Jadida qui a été victime d’une décision de suspension du salaire pour une durée de 4 mois, selon un communiqué de la Fédération nationale des ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales (UMT).

 

Les salaires doivent être examinés et revalorisés afin de permettre à chaque agent de vivre dignement de son travail. La réorganisation des échelles ou des grades des agents ne doit pas conduire à une injustice. Les agents ayant réussis les examens d’aptitude professionels doivent être promus.

 

La modernisation du secteur public doit se poursuivre afin d’équiper correctement des collectivités locales du matériel nécessaire, la part du budget consacré au TIC ne dépasse guère 1% selon le dernier rapport du Ministère de tutelle. La modernisation est aussi doter chaque agent d’un véritable rôle ou une mission précise à effectuer, motiver le personnel par des perspectives de carrières et de formations, faire la chasse aux emplois fictifs ou à l’occupation inutile des bureaux.

 

 

Par Chraîbi Réda - Publié dans : Fonction publique
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