Les faits :
Peut être un symptôme du faible niveau de l’action politique au Maroc, il semble que ces derniers temps, au parti de l’Istiqlal notamment, quiconque veuille faire parler de lui tire injustement sur l’honneur d’une des plus grandes figures politiques du Maroc.
En Mai dernière déjà, Hamid Chabat, alors qu’il affronte un défi politique devant l’élection à l’UGTM et à la mairie de Fès, défraie la chronique en déclarant que Ben Barka est un tueur, en
faisant références à des évènements au Maroc qui se seraient produits dans les années 50. Etait il déjà né à cette époque ? peut être pas mais aujourd’hui il est à la tête de l’UGTM et est réélu
à la mairie de Fès.
Ce mois, le journal Almassae publie une interview d’un autre istiqlalien, Abdellah Bekkali, où il remue le couteau dans la plaie. Il déclare que, si certaines personnes glorifient la figure du résistant, chacun aurait le droit de considérer Benbarka comme il veut. Lui aussi, comme Chabat, affirme que Benbarka était istiqlalien et non de l’USFP. Quel siège brigue Bekkali ?
Analyse :
Qualifier une personne de criminel n’est pas une considération comme une autre. Il s’agit d’une accusation. Quel intérêt aurait certaines personnes d’accuser Benbarka plus de 40 ans après sa disparition ? La raison que je vois est le coup bas politicien. Comment ? Benbarka a depuis longtemps était une des figures majeures auxquelles s’identifie l’USFP, donc tirer sur Benbarka revient à tirer sur les partis de gauche de manière générale. Pourquoi ? parce que Benbarka a quitté le parti politique unique au Maroc de l’indépendance, l’Istiqlal, le jugeant trop bourgeois et trop à droite pour ses convictions démocratiques, pour fonder l’UNFP. L’USFP est née d’une scission de l’UNFP après que certains de ses militants comme Habib Malki et Fathallah Oualalou ont décidé la création d’un nouveau parti pour se démarquer idéologiquement. A ce moment là, Benbarka avait disparu depuis 10 ans, mais l’USFP a continué jusqu’à aujourd’hui* à honorer à chaque occasion la mémoire des martyrs de la lutte démocratique au Maroc. Vu ainsi, on peut dire que Benbarka est plus proche de l’USFP (qui a été à la base un courant dans l’UNFP) que de l’Istiqlal qu’il a quitté de son vivant. Alors oui, Benbarka a été une des figures majeures de l’Istiqlal du temps où ce parti avait pour seul objectif de libérer le Maroc du protectorat français. Mais il est cependant faux de dire qu’il est Istiqlalien, même si les faits dont il est accusé remontent à cette période de parti unique.
Une autre raison, comme je l’ai mentionné plus haut, est de profiter de cette polémique pour faire parler de soi.
Cette attitude est déplorable car elle ignore un principe fondamental de droit : la présomption d’innocence. Dans le moyen âge, et encore aujourd’hui visiblement, certaines personnes pouvaient surgir brusquement dans la foule et accuser bruyamment un tel ou une autre d’être un voleur, un traitre, un fornicateur, une sorcière, etc, précipitant immédiatement ainsi sur la victime les foudres de la foule qui n’attend qu’un prétexte pour projeter tous ses démons, et ce sans vérifier la véracité des accusations. Ayant remarqué que ces indexations arbitraires sont une offense aux droits humains les plus élémentaires et qu’ils créent une confusion puisque chacun peut juger facilement quiconque, les sociétés modernes ont remis à leur système judiciaire le droit exclusif d’accuser les hommes et ont interdit de fait qu’une personne puisse accuser qui que ce soit en dehors des formes que prévoit l’ordre judiciaire. La présomption d'innoncence est actuellement consacrée par le système judiciaire marocain.
De fait, en agissant ainsi, ces leaders du parti dirigeant du gouvernement marocain se font d’abord offense à eux même et à leur image, puisqu’ils montrent à quel point ils méprisent l’ordre et la justice. Justice dont Chabat semble échapper une fois de plus après que la chambre correctionnelle du tribunal de 1ère instance de Rabat ait rejeté lundi dernier la plainte à son encontre alors qu’il est poursuivi, avec d’autres, pour occupation du siège de la MGPAP, recours à la violence, injures et diffamation, obstruction du travail normal et incitation, ingérence dans des domaines relevant de l'autorité administrative, en investissant les bureaux pour empêcher l'exécution d'ordres émis par l'administration et outrage à fonctionnaire. En aout, ce même tribunal avait rejeté la plainte de la jeunesse USFP contre Hamid Chabat au sujet de son accusation de Mehdi Benbarka.
Proposition :
Toutes les personnes qui accusent Benbarka de meurtre devraient être traduites en justice pour violation de la présomption d’innocence. Leurs mandats respectifs ou leurs fonctions au sein des partis ne saurait les mettre au dessus des lois. Ici la preuve du délit est flagrante.
S’ils tiennent absolument à porter des accusations posthumes envers Benbarka, et ce à la place des familles des victimes (Bendriss ?) je les invite à saisir la justice et construire dossier d’accusation et plaidoyer afin de faire les choses dans les règles. Pour le moment, Chabat prétend se baser sur des livres d’histoires pour étayer ses accusations. Je n’ai pas lu encore ces livres mais je sais qu’un historien, quel qu’il soit, ne se substitue pas à un juge.
S’ils n’ont aucun respect pour les martyrs de la résistance marocaine, je les invite à se montrer dignes des fonctions politiques qu’ils occupent en respectant au moins le système judiciaire marocain.
*Une exposition en hommage à Mehdi Ben Barka sera organisée aux Oudayas à Rabat le 31 octobre.
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La réforme de la justice annoncée ici et là commencerait dans ce cas par nettoyer le personnel d’individus indignes de travailler à faire respecter la loi et l’ordre. Ce
dernier ne pouvait ignorer le Code de travail qui interdit l’emploi d’enfants âgés de moins de 15 ans.
Cette dernière « a saisi le 15 juillet dernier SAR le Prince
Moulay Rachid déclarant que le dénommé Aït El Haj
crivant comment "il s'était emparé du pouvoir à la suite d'un coup d'État
militaire il y a 40 ans" tout en pointant le manque, voire l'absence, de démocratie au Maghreb.
stiques. C’est affaire, qui fait suite à de
« atteinte à
la personne et à la dignité » de Kadhafi. Néanmoins, un grand chef d’Etat doit savoir que, dans une véritable démocratie, en tant que personnage public, il s’expose à tous les qualificatifs,
positifs et négatifs. Il doit pouvoir se débarrasser de la susceptibilité qui le pousserait à poursuivre chaque voix discordante, fut-elle insensée (Kadhafi a déjà poursuivi d’autres journaux
pour des faits similaires). Aussi, je l’invite à visionner une émission du type « les Guignols de l’info » pour mesurer à quel point l’emploi de ce mot est relativement peu de chose
comparé à ce que subissent les dirigeants des démocraties européennes. Mais surtout, ce mot a été employé initialement par l’ancien ministre de la communication. Donc, si Kadhafi veut porter
plainte, c’est à l’Etat marocain qu’il doit s’en prendre, et non aux journalistes marocains qui n’ont fait que reprendre la citation.
de. (voir
Le Maroc doit certes témoigner tout son respect et son amitié vers le peuple libyen frère, mais ne saurait asservir notre démocratie si chèrement acquise et si durement à
construire pour des intérêts obscures. Le Maroc a besoin de journaux indépendants et vaillants, capables d’analyser avec un regard objectif l’environnement interne comme externe. La justice doit
donner un signal fort en annulant cette condamnation d’autant plus que le code du journalisme n’interdit pas d’évoquer des faits historiques, fussent-ils sensibles à l’égard de leurs
protagonistes.
est violée par certains d’entre eux. C’est la
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