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Transports

Mercredi 30 décembre 2009 3 30 /12 /2009 02:44

Une grève dans le secteur des transports, dont la date sera vraisemblablement annoncée le 4 janvier, se profile sur fond de désaccord entre les instances politiques et représentatives.

http://www.telquel-online.com/369/images/image_maroc2_369.jpgNous nous souvenons encore des débrayages massifs qui ont été tenus durant le printemps dernier par les transporteurs routiers, alors que le ministre de tutelle avait tenté de faire passer un code de la route dont le seul mérite est d’être inspiré du code suédois. Depuis, on a laissé l’eau couler sous les ponts et entrepris cette fois d’ouvrir une démarche de dialogue social avec les principaux concernés du secteur.

Adopté en janvier dernier par la chambre des représentants, le projet attend aujourd’hui de passer le cap de la chambre des conseillers.

Un dialogue social mal organisé et peu maitrisé

L’Union des syndicats professionnels du secteur du transport déplore que les réunions de négociation aient compris uniquement les syndicats locaux de Casablanca, excluant de fait du dialogue les représentants syndicaux du reste du Royaume. Le secrétaire générale de cette Union n’exclut pas d’appeler à des grèves même si le projet est adopté par la chambre des conseillers.

Pourtant, d’après l’article d’assabah, les amendements négociés ont fait aboutir certaines revendications des syndicats. Le montant de certaines amendes ainsi que la durée de retrait du permis (un an initialement) ont été divisés par deux. Le nombre des points du permis est passé de 24 à 30, et les points à enlever lors d’infractions ont été diminués. Ces amendements ont certes été vus et approuvés par des associations professionnelles du secteur routier qui ont tenu une réunion mercredi dernier au ministère du transport, mais pas par les principaux syndicats.

Ces derniers, sous la houlette de l’ODT, exigent que leurs revendications soient prises en compte et discutées à la chambre des conseillers. Selon l’article d’Almassae, ils souhaitent que ce projet dépasse le cadre du code de la route pour s’élargir notamment à d’autres considérations comme l’établissement d’un statut des professionnels du secteur et l’affiliation à la CNSS. Ils ont même élaboré un « manifeste de bonne conduite » à paraitre prochainement qui se veut un substitut au projet de code de la route. Ce manifeste comprend une série de mesures procédurales, sociales et disciplinaires.

Le progrès social passe par la mise en collaboration de tous les acteurs sociaux

Il n’est pas juste d’exclure les centrales syndicales des autres régions que Casablanca dans les négociations du projet de loi, même si cela ne facilitera pas le passage à la chambre des conseillers. Il est illusoire de croire que les représentants exclus se résigneront au silence en laissant d’autres personnes décider pour leur sort. Il est essentiel que ce projet voie l’ensemble des représentants sociaux y collaborer.

http://bates.blog.lemonde.fr/files/2008/11/concertation.1227127580.jpgLa route continue à apporter chaque jour son lot de victimes des chauffards, mais le projet de code la route ne doit pas passer à la chambre des conseillers avant d’avoir l’aval de l’ensemble des centrales syndicales. En tentant de passer en force, le gouvernement se retrouve aujourd'hui avec un front de 58 organisations syndicales qui s’apprêtent à lancer un mouvement « sans précédent ». En essayant de faire vite, le gouvernement risque de nous faire perdre encore six mois de conflits. L’urgence ne justifie pas la précipitation et le bâclage des travaux, mais la concertation et le sens des responsabilités.

Les syndicats quant à eux ne doivent pas s’illusionner avec un projet de code ou de manifeste parallèle. Ils doivent apporter leur idées et propositions lors des tables de négociations et les défendre avec des arguments logiques et non uniquement avec des menaces de grèves. La réforme ne se fera pas en dehors du gouvernement et du parlement, mais il serait en effet opportun de voir plus grand que la réforme du seul code de la route. La chambre des conseillers propose de réformer également les prestations des auto-écoles, il serait en effet bon moderniser cette formation et d’assainir la triche qui y sévit par moment.

Dans la mesure où ce projet de code de la route a fait plancher les instances politiques sur l’environnement des routiers professionnels, il serait aussi opportun d’accompagner cette occasion par une réforme des dispositions sociales de cette catégorie de travailleurs. En proposant d'améliorer leurs conditions sociales, le gouvernement peut trouver un moyen de persuader des routiers d'accepter un nouveau code de la route plus sévère et plus stricte.

Enfin, lorsque les négociations aboutiront et que les accords globaux seront ratifiés par tout le monde, il sera du devoir de chacun de s’y tenir.

 


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Par Chraîbi Réda - Publié dans : Transports
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /2009 13:04

Résumé :

Les transports en commun dans la ville de Casablanca seront livrés à un monopole privé, celui de M’dina Bus. Compte tenu des difficultés financières de cette société et des problèmes de circulation que connait la capitale économique, la situation des usages du transport risque de se dégrader. Seule l’implication de l’Etat peut remédier durablement à cette situation.

 

Les faits :

Les autorités de Casablanca ont notifié aux concessionnaires privés, à l’exception de M’dina Bus, de cesser toute activité à la fin de leurs contrats de concession. Par conséquent, à partir de début 2010, M’dina Bus se retrouvera en situation de monopole pour gérer les transports en commun. Il est prévu que cette société reprenne, de la part des autres concessions, les bus en état de circuler ainsi que leurs chauffeurs uniquement. Le même cas de figure se pose pour Véolia Transport à Rabat

Plus de précisions dans les articles de LaVieEco et de l’Economiste (numéro du 7 octobre).

 

Problématique :

Il n’est pas besoin d’être un usager des transports en commun à Casablanca pour constater de visu qu’il y a un souci à ce niveau : l’état de certains bus est vétuste et dégage une nuée de pollution à son passage, ce qui n’est pas sans danger pour les usagers autant que pour les autres citadins ; les bus sont rares et souvent en retard ce qui entraine une surcharge et une gêne pour les usagers ; les s’arrêtent au milieu du boulevard pour prendre les usagers au lieu de se garer aux places qui leurs sont réservés, la circulation des bus n’est indiquée par aucun plan ni au niveau des arrêts de bus ni ailleurs ce qui n’encourage pas à emprunter cette voie.

Cette situation déplorable est ainsi alors qu’une dizaine de sociétés de transports se concurrencent sur le « marché casablancais ». Qui a dit que la concurrence suscite automatiquement de la qualité ? Avec l’avènement prochain du monopole de M’dina Bus, il est fort douteux qu’elle puisse gérer à elle seule ce qu’ils n’ont pu ou su faire à plusieurs. Par ailleurs, soumettre les transports publics à une logique économique ou capitaliste risque fort d’entrainer des désagréments qui vont à l’opposé de la mission confiée. Certaines lignes peu empruntées risquent d’être tout simplement abandonnées car jugées non rentables, le prix des tickets de bus pourraient augmenter et cela sans distinction des catégories des usagers.

Enfin, pour les sociétés amenées à cesser leur activité, rien à ce jour ne garantit que leurs centaines de salariés garderont leur emploi et ne se retrouveront pas du jour au lendemain au chômage et sans revenu pour leurs familles. On ne pourrait reprocher à M’dina Bus de ne pas les embaucher puisqu’elle-même connaît des difficultés financières, du moins c’est ce qui semble transparaître de ses comptes.

 

Proposition :

Il faut cesser de considérer les transports publics comme un vulgaire service individuel marchandé. Il faut penser global et systémique. Le problème des embouteillages de voitures et de la pollution sans directement liés à la situation catastrophique des transports publics. Proposer un service de bus correcte et lisible encouragerait beaucoup de citadins à abandonner les voitures et taxis à leur profit. Les nouveaux aménagements de la ville et l’augmentation des prix immobiliers entrainent les familles à revenus modestes encore plus loin dans les périphériques de la ville avec les problèmes de transport qui leurs sont liés. Pourtant, la ville continue de dépendre de toutes les forces vives et se doit de garantir leur irrigation dans ses veines.

Il faut abandonner la concession à M’dina Bus (qui d’ailleurs a son propre groupe d’anti M’dina Bus sur Facebook). L’Etat doit prendre en charge ce secteur en abandonnant la logique rentière. Le secteur des transports en commun est un investissement coûteux à faire, mais c’est un investissement dont le rendement se mesurera à la qualité de la vie pour les citadins, le gain de temps dans la circulation, la qualité de l’air et l’attrait de la ville. Il faut engager des budgets massifs pour l’augmentation et l’amélioration du parc de bus en circulation. Quelques 140 bus sur les 300 en circulation attendent désespérément des fonds pour les réparer. Il faut aménager et moderniser les arrêts de bus, les rendre lisibles. Il faut communiquer sur les transports en commun et promouvoir ce moyen afin d’engager les citadins dans un démarche écologiste et économique.

Il faut cesser de ne voir dans les transports en commun qu’une niche économique à exploiter. Il s’agit avant tout d’hommes et de femmes aux services de tous les citadins. Les centaines de salariés menacés de chômage doivent se voir proposer des plans sérieux de reconversion. La fréquence des bus et le prix des tickets doivent être modulés afin de tenir compte des besoins et catégories de revenus de chacun. Les étudiants doivent pouvoir bénéficier de subventions pour se déplacer vers les écoles et universités. Un investissement public dans les transports en commun et un investissement sur l’économie de demain.

Par Chraîbi Réda - Publié dans : Transports
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Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /2009 23:59

Les faits :

L’Agence Nationale des Ports (ANT) a décidé récemment du transfert du secrétaire général du syndicat nationale des commandants de navire au Maroc, Najem Naji, du port de Kénitra à celui d’Asfi, et du retrait de son statut de commandant malgré ses 20 ans de métier.

La décision fait suite aux pressions portées par le syndicat afin d’ouvrir un dialogue social avec l’ANT et de faire suite aux lettres qui lui ont été envoyées ainsi qu’au ministère de l’équipement, lettres restées mortes depuis.

Selon l'article d'Assabah, suite au non respect des accords passés entre les commandants, l’ANT et Marsa Maroc, le syndicat s’est apprêté intialement à annoncer une grève à partir du lundi dernier (le 07), mais l’a reporté en attente de la réponse de l’ANT à leurs revendications. Ces dernières peuvent être résumées ainsi :

  • 1. Promulguer un règlement spécial des commandants dans le cadre de la réforme portuaire 
  • 2. Application des accords entre l’ANT et le syndicat
  • 3. Application du principe d’égalité entre les commandants et Marsa maroc quant aux bonus
  • 4. Application des accords maritimes internationaux ratifiés par le Maroc en ce qui concerne la formation continue des commandants afin de suivre l’évolution technologique des bateaux et des équipements
  • 5. Lever les inégalités quant à la prime de voiture, les primes du téléphone, la rémunération des heures supplémentaires et des jours de fêtes travaillés entre les commandants, les directeurs et le reste des cadres généraux de l’ANT
  • 6. Appliquer la loi sur le travail hebdomadaire de 44 heures tel qu’il est stipulé par l’article 184 du code de travail

 

Problématique :

Le droit syndical est fondamental pour une économie qui veut fonctionner en harmonie et dans le respect des différents acteurs y concourant. Principe démocratique par excellence, il est un moyen pratique de donner une voie à ceux qui font vivre une compagnie ou un secteur. Par conséquent, le fait de faire obstruction au droit syndical, en sanctionnant par exemple les responsables syndicaux, nuit au dialogue social et, de fait, nuit au bon fonctionnement de l’appareil.

Le droit à la formation continue est un acquis social d’autant plus important que l’évolution de l’environnement du travail s’accélère. La qualité des manœuvres et opérations effectuées par le personnel dépend de leur niveau de connaissance mis à jour. Aussi, le saut technologique dans les équipements ne peut s’exonérer d’accompagner le personnel au changement. A ce propos, Un accord de coopération en matière de formation portuaire a en effet été signé en juillet dernier entre l’ANP, et l’Antwerp Ports Training Center (APEC), qui représente le Centre de formation du port d’Anvers intervenant au niveau internationaldans l’objectif de contribuer au développement des compétences dans les secteurs portuaire et maritime.

De même que pour tous les transporteurs, il en va de la sécurité générale que la santé des commandants de bateaux soit ménagée. Or, le travail pénible des commandants de bords nécessite de respecter un temps de repos hebdomadaire et de ne pas enchainer excessivement les heures de travail.

Compte tenu de l'importance stratégique de l'activité économique des ports du Royaume, il serait de l'intérêt national de mettre tout en oeuvre pour éviter que le conflit social tourne à la grève.
 

Proposition :

Il est urgent de revenir sur la décision de transfert et de sanction du commandant Naji et de lui garantir le plein exercice de son mandat syndical. Il ne saurait y avoir de dialogue social si les partenaires sociaux sont maltraités.

Il est indispensable d’accorder au personnel un droit à la formation continue afin qu’il puisse mettre à jour et développer sa connaissance de son métier. Le savoir faire né ainsi de la connaissance et de l’expérience pourrait par la suite être exporté vers des pays africains voisins.

Il est impératif de respecter les 44 heures hebdomadaires de travail. Au-delà de la conformité au Code du travail, les commandants de bords doivent pouvoir exercer leur métier dans la sécurité tout en compensant et récompensant justement les efforts supplémentaires.

Enfin, ayant tardé à intervenir sur le conflit des pilotes de la RAM, le ministère de l’équipement devrait se saisir de manière urgente et sérieuse de ce dossier en dépassant l’idéologie libérale qui a nourrit la réforme portuaire. A l’approche de la journée mondiale de la mer (27 septembre), une issue contentant l’ensemble des acteurs du métier devrait être trouvée.

 

 

 

 

 

Par Chraîbi Réda - Publié dans : Transports
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Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /2009 18:23

 

 

Etat des lieux :

 L’actuel mouvement de grève, suivi par 90% des pilotes, est qualifié d’échec de la part de Benhima.  L’échec selon lui se mesure inversement à la capacité d’une grève à nuire au fonctionnement d’une compagnie. Puisqu’il peut louer les services de compagnies étrangères pour palier la grève, les vols sont maintenus malgrè le suivi quasi unanime du mouvement de grève par les pilotes. Le PDG préfère de cette manière faire dépenser à la RAM chaque jour entre 500.000 € et 2.000.000 € selon les estimations, et ainsi esquiver le conflit et le débat de fond. En parallèle, il déploie actuellement une campagne de dénigrement dans la presse en insinuant tantôt complot contre sa personne tantôt caprices incessants et injustifiés des pilotes ou exigences inavouables. La sortie de crise selon lui se résume tout simplement à la renonciation à la grève

 
Le conflit porte sur la tendance du Groupe RAM, depuis quelques années, à recruter des pilotes étrangers au détriment de la promotion de pilotes marocains. La complexité du problème est liée aux conditions de recrutement ou de transfert vers ou depuis la filiale Lowcost AtlasBlue, qui emploie la totalité (sauf un) des pilotes étrangers, une trentaine. Un copilote à la RAM pourrait être promu commandant de bord à AtlasBlue, mais à quelles conditions ? La direction de la RAM accuse les grèvistes de vouloir imposer les avantages sociaux de la RAM à Atlasblue et qualifie le mouvement de simple demande d'augmentation de salaires, salaire qui est déjà supérieur celui à du ministre de l'équipement selon lui. Les pilotes quant à eux rappellent que les conditions salariales en début de carrière sont loin d'atteindre ces sommes et que des concessions sur les salaires ont été acceptés lorsqu'ils ont proposé que le transfert des officiers pilotes de ligne de la RAM vers Atlas Blue se fassent avec une réduction de salaire de 22%. En attendant, la RAM a décidé récemment d'annuler la promotion de 16 commandants de bord marocains à AtlasBlue pour les remplacer par des pilotes étrangers, les marocains quant à eux reviendront à leur poste de co-pilote à la RAM.
 

Il a été aussi proposé aux représentants des pilotes une amélioration de la rémunération du personnel navigant technique dans le cadre d’un système de forfaitisation des temps de vol qui permet à la fois d’augmenter les salaires des pilotes de 2% et d’améliorer la ponctualité des vols de la compagnie. En réalité il s’agit d’un système de sanction pécunière des pilotes lorsque ceux-ci estiment que leur état de fatigue ne leur permet pas de garantir la sécurité du vol.

 

 Problématique :

Une grève n’a pas pour objet de nuire à la compagnie mais d’interpeller la direction sur les problématiques soulevées par le personnel. En faisant mine d'ignorer la grève, le conflit s'intensifie au lieu de trouver une voie de solution. 

 
Contrairement aux autres compagnies aériennes opérant au Maroc, la marocanisation des postes, première revendication des grèvistes, est légitime pour le cas de la RAM, puisque cette dernière appartient aux marocains à hauteur de 95%. Elle a donc une responsabilité sociétale, comme le souligne le président de l'AMPL, en offrant de l'emploi au nationaux et en garantissant le succès de la formation des pilotes marocains. Or, en six ans, l’ENPL n’a pu former que 8 pilotes de ligne pour la RAM au lieu de 50 prévus initialement. L'allongement de cette durée implique des difficultés financières pour les pilotes en formation dont beaucoup sont issus de milieux modestes. 



AtlasBlue, quant à elle, est une compagnie Lowcost dont le modèle économique est basé justement sur une optimisation des coûts à tous les échelons, y compris celui du salaire des commandants de bord. 

 

 

Proposition :

Les postes de Commandants de bord à pourvoir au sein de la RAM doivent systématiquement revenir en priorité aux marocains lorsque des profils correspondants sont disponibles. Pour ce faire, et comme cela se fait dans d’autres pays et stipulé dans le droit du travail, le recrutement d’un pilote ou commandant de bord étranger doit être dûment justifié par la direction en prouvant qu’il n’existe aucun marocain disponible qui veuille et qui puisse remplir cette fonction. Le personnel qui souhaite travailler à AtlasBlue, marocain ou étranger, doit néanmoins se conformer à sa grille des salaires. Les pilotes étrangers ne devraient pas être mieux payés que les marocains.


La formation des pilotes doit bénéficier d’un engagement volontariste en soignant l’état des avions mis à disposition. La maintenance des moteurs d’avion peut être assurée par le site franco-marocain de la SNECMA à Nouacer, et la faillite d’un fournisseur de pièce de rechange ne doit pas bloquer le programme d’investissement engagé depuis 2006. Les pilotes en formation doivent pouvoir achever leur cursus même si les moyens mis à disposition par la RAM venaient à manquer, en bénéficiant de formation dans d'autres structures ou en effectuant leur stage auprès d'autres compagnies. Il est urgent de rétablir définitivement l'offre dans ce marché.

 

Un pilote en état de fatigue ne devrait pas se retrouver dans un dilemme entre la perte d’un jour de salaire et le risque de compromettre la sécurité du vol. D’un autre coté, cette disposition doit être garantie par un système de prévention des abus, un contrôle de la compagnie pourrait être exigé de la part des pilotes afin d’attester de leur état.

 

La direction de la RAM doit renouer avec la démocratie. Les décisions majeures ne peuvent continuer à prises par un seul homme, elles doivent faire l’objet d’un consensus au sein d’un Conseil dont la composition équilibrée compterait des pilotes de ligne aussi bien que d’autres représentants du personnel. Ainsi, la communication entre la direction et le personnel doit se faire avant la prise des décisions et non par commumniqués interposés une fois que le conflit s’installe. Il est bien fondé de la part de la direction d’assurer le bon fonctionnement des vols en cette saison cruciale malgrè la grève, mais cela ne doit pas être une raison pour ne pas prendre réellement toutes les initiatives pour résoudre le conflit.

 

 

 

 

 

Par Chraîbi Réda - Publié dans : Transports
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Vendredi 17 avril 2009 5 17 /04 /2009 15:06

La réforme du code de la route a du mal à passer au Maroc.

 

La raison principale de ce blocage se nomme sévérité. En fait, comment mesure t on la « sévérité » d’une loi ? Les sanctions prévues seraient elles tellement plus grave que les préjudices en question ?

 

 Le texte propose que selon que l’accident cause à la victime une incapacité (ou une infirmité) temporaire ou permanente, ou que cela cause la mort, le conducteur encourt des peines de prisons allant de 1 mois à 5 ans et/ou des amendes allant de 2.000 dhs à 40.000 dhs. (Articles 165 à 169)

 

Vous avez dit sévère ? Supposons que vous êtes victime d’un accident pour lequel l’autre conducteur est fautif. Vous y perdez l’usage d’une jambe. Que vaut cette perte ? Quelle peine serait méritée pour le conducteur fautif ? 100 dhs ? 1.000 dhs ? 10.000 dhs ? un emprisonnement d’un jour ? 1 mois ? 1 an ? La loi du Talion peut être ? En aucune façon la sanction ne saurait réparer au sens propre du terme la perte d’une jambe ou d’une vie.

Il faudrait peut être sondé un panel de conducteur de taxis pour leur demander quel est le niveau optimal de la peine qui serait assez grave pour les dissuader de contrevenir au code de la route. Cependant, une loi ne peut être trop sévère, elle ne peut être qu’injuste.

 

D’un autre coté, refuser la sévérité d’une loi révèle que le code de la route ne sera pas plus respecté avec cette loi qu’il ne l’est aujourd’hui. Ce qui nous amène à nous interroger sur la responsabilité de l’accident. Il est certainement vrai que nombre d’accidents trouvent leur cause en dehors de l’infraction au code de la route. L’état des routes et l’organisation de certains croisements notamment sont des facteurs qui augmentent la probabilité de l’accident. D’un autre coté, il arrive que certains accidents graves se produisent malgré le respect scrupuleux du code de la route. Dans ce cas, la sanction est-elle légitime ? Une personne dont le seul tord est d’avoir emprunté une route vétuste est-elle coupable ? Une voiture qui plante au milieu d’une course sans raison évidente peut être nous conduire à la prison ?

Peut-on envisager que la malchance puisse être sanctionnée ?

 

Pour ma part, je pense que ce texte a de belles ambitions mais qu’il gagnerait à être adopté à notre contexte national.

Tout d’abord, je pense que le texte mérite éclaircissement quant à la responsabilité du conducteur. On ne peut, en effet, reprocher à une personne d’avoir commis un accident involontaire alors qu’elle n’a aucunement enfreint le code de la route. La faute et l’infraction, quant à elles, doivent immanquablement être punies. Le code doit être sévèrement juste.

 

Par ailleurs, il est évident que la vie humaine est d’une valeur inestimable. Néanmoins, la différence entre les sanctions prévues avec celles d’aujourd’hui est choquante pour certains. Nombre de conducteurs peuvent mesurer ces amendes aux multiples de leurs revenus mensuels. Le ressentiment est d’autant plus fort connaissant l’état de corruption généralisée qui sévit lors des verbalisations. Dans l’esprit de certains, plus de sanctions signifie uniquement plus d’argent dans les poches des agents de police. Il serait probablement plus judicieux d’adopter une démarche progressive dans la fixation des sanctions.

 

De plus, le texte doit gagner l’adhésion des personnes les plus concernées. Le gouvernement doit saisir l’occasion pour faire de la démocratie une méthode et non plus une abstraction. Les syndicats doivent être consultés dès lors qu’il est acquis que le code doit être reformé. Un juste milieu doit être trouvé dans l’estimation des sanctions. La reforme doit se faire pas à pas afin de ne bousculer personne.

 

Enfin, la réforme du code de la route doit obligatoirement être accompagnée par une reforme de la circulation elle-même. D’une part, l’état des routes doit être amélioré. D’autre part, la corruption doit être sévèrement combattue par tous les moyens.

 

 

Par Chraîbi Réda - Publié dans : Transports
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