La bataille contre les mafias du trafic du bois de cèdre continue de faire rage
à Tounfite dans la région de Khenifra. C’est ainsi que la gendarmerie royale, en collaboration avec le service des eaux et forêts, a mis la main le vendredi 12 février sur un camion transportant
50 plateaux de bois de cèdre de
l'Atlas.
L’interrogation du chauffeur a permis de remonter à l’endroit où s’entreposaient 40 autres plateaux. C’est l’équivalent de 9 m² de forêt pour une « valeur marchande » de 52000 dhs. Cette interpellation a
été relativement calme comparée à celle réalisée dans la
forêt de Tanourdi. Là, les mafieux avaient chargé des mulets de convoyer une grande quantité de bois volé, mais lorsque les services des eaux et forêts les avaient
surpris la scène s’est transformée en échanges de coups de feu. Piégés, les
mafieux ont alors tenté d’effacer leurs traces en brulant les mulets vifs avec le bois qu’ils transportaient. Cette tentative a échoué puisque l’identité des voleurs a été établie. Le plus grave
est que dans la plupart des cas ces trafics sont commandités par des fonctionnaires de l’autorité locale*.
Une autre région, un autre danger. Le conseil de la ville de Salé a décidé récemment de créer, au cœur de la forêt Maâmora, un centre de traitement des 200.000 tonnes annuels de déchets ménagers. Mr Nouredine Lazrak, président du Conseil de la ville, se targue que ce projet bénéficie de l'aval du Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification. Pourtant, l’étude d’impact de ce projet sur l’environnement semble ignorer que Maâmora, classée patrimoine de l’humanité, est la plus grande forêt de chêne liège au monde (malgré le pillage dont elle souffre qui lui a fait perdre 30% de sa superficie) et que l’installation de cette unité industrielle se traduira forcément par un déboisement d’une grande partie. De plus, le site est situé à 200 mètres du Centre national Mohammed VI des handicapés et non loin de la Faculté de droit qui seront ainsi sujets aux odeurs dégagées.
Notre vie dépend de celle des arbres, et celle-ci dépend de pressions économiques
Si le cèdre est à ce point convoité c’est qu’il existe un marché local pour écouler ce bois volé. La faute ne revient donc pas seulement à ces braconniers qui n’ont probablement pas mieux à faire. La faute revient aussi à notre système économique qui permet d’intégrer des matières premières dont la source n’est pas vérifiée. Qui a dit que la recherche de l’intérêt individuel conduit à la réalisation de l’intérêt collectif ? Cela vaut pour le cèdre mais aussi pour le sable volé des plages et des dunes dont s’approvisionnent l’industrie immobilière.
C’est cette même industrie qui pourrait largement profiter d’un déboisement
massif de la forêt Maâmora. Cela lui ouvrirait la voie vers des projets de construction dans un site bien situé. Le lobby de cette industrie est d’ailleurs soupçonné par les associations qui
militent pour la préservation de la forêt de faire pression pour faire aboutir à Maâmora ce projet de centre de recyclage. En tout cas, la commune de Salé avait proposé au Wali de
Rabat-Salé-Zemmour-Zaër
de déplacer le site côté échangeur autoroutier Rabat-Tanger-Meknès, mais ce dernier a refusé cette proposition. Pourquoi donc ?
Responsabilité et démocratie
Les efforts militaires des gendarmes et services des eaux et forêts doivent être accompagnés de mesures économiques. Il faut établir dans les unités industrielles d’exploitation de ce bois des dispositifs efficaces pour s’assurer que leur activité n’alimente pas ce trafic criminel. Des mesures de traçabilité peuvent être instaurées pour s’assurer que bois acheté provient d’une source légale. Une instance nationale doit se charger d’attribuer des labels aux bois commercialisés et auditer l’approvisionnement des principaux utilisateurs du cèdre. Ce dispositif pourrait d’ailleurs être intégré au futur cadre légal de construction actuellement en attente d’être voté par le parlement. Lorsque les trafiquants se rendront compte que plus personne ne veut acheter leur bois ils abandonneront cette activité.
Aussi, il serait temps de généraliser au Maroc la sylviculture durable afin de permettre d’exploiter le bois de la forêt sans nuire à sa biodiversité ou sa capacité à se régénérer. Voici là une contribution à notre débat sur la Charte de l’environnement. Dans le même esprit, une bonne initiative est venue de l’association Ettahadi à Midelt qui, en collaboration avec l’Agence de développement social et le Haut commissariat aux eaux et forêts, incite financièrement les populations locales à substituer le gaz au bois dans leur consommation pour en diminuer l’exploitation.
La ville de Salé, quant à elle, doit abandonner l’idée de faire de Maâmora une poubelle géante. Cette décision est trop importante pour reposer sur la seule personne du
Wali. Il faut associer les citoyens de la région à cette décision en identifiant les autres sites potentiels et procéder à un referendum pour choisir où est ce que la société Pizzorno
traitera leurs déchets ménagers. Voici là une proposition pour notre projet de régionalisation avancée, un dispositif qui donne aux citoyens de la région de décider sur des questions qui les
mobilisent. En tout cas, ce droit démocratique, principe par lequel qui donne au peuple le droit de gouverner, sera revendiqué le 18 Avril, journée mondiale de la terre, lors d’un grand
rassemblement de mobilisation organisée par les associations écologistes.
*Source : Article d’Ahmed Baidi paru dans le numéro du journal Alittihad du 8 Mars 2010.
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Pourtant, l’extraction illégale du sable est malheureusement une pratique qui dure depuis trop longtemps, au grand dam des riverains et
associations qui observent impuissants devant le sabotage de l’environnement et incapables de s’opposer à ces mafias qui opèrent même en plein jour. Néanmoins, suite au discours du Trône 2009, le
ministère de l’environnement est en charge d’élaborer une charte de l’environnement. Cette charte,
La ville de Youssoufia (à 90 kms de Safi) ne compte que 70 000 habitants mais elle
est encerclée d’

Une initiative fort louable est réalisée par une association de jeunes à Fès nommée
« Espace Anouar et initiative des jeunes ». Depuis ce lundi, ils ont investi le marché « souikat sellaline » près de Bab boujloud dans la vielle ville où ils ont installé une
petite tente d’accueil, avec comme objectif : sensibiliser les passants, et surtout les femmes habituées à fréquenter le marché, des dangers de l’utilisation du sac plastique, l’mika. Ils
semblent remporter un vif succès, d’après
Premièrement, la plupart des gens préfèrent
utiliser un sac noir et opaque afin de dissimuler leurs courses aux yeux des voisins. Dans notre société où prime l’apparat et le commérage, on préfère que les autres ne sachent
pas si on dine avec de la sardine ou du foie, ou quel type de boisson nous avons acheté.

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