Après une journée de cours dispensés à
l’Institut Annasr de Aïn Aouda (Temara), trois enseignantes se dirigent vers la sortie où elles subissent l’assaut à l’arme blanche d’une bande de délinquants. Une d’elles n’arrive pas à fuir. Il
est environ cinq heure de l’après midi lorsque cette victime s’effondre suite aux coups et blessures qu’elle reçoit, dont une hémorragie à la tête. Elle aurait certainement pu y laisser la vie si
des personnes sur place n’avaient pas eu le courage de chasser les assaillants et de la porter aux urgences*. Aujourd’hui en convalescence, cette dame se demande probablement si elle censée
risquer sa vie et son intégrité physique pour exercer son noble métier.
Un cri d’alerte au grand jour pour protéger l’école
Malheureusement, ce fait divers n’est pas isolé. L’école est devenue ces dernières années un terrain privilégié pour les agresseurs, voleurs et autres dealeurs de drogue. La majorité des villes du Royaume sont concernées. Les élèves sont serrés à la sortie des classes, pour un portable ou un iPod. Les filles subissent harcèlement sexuel et moral, pendant que les dealers sévissent sur des mineurs forcément naïfs.
Si la montée de la violence dans les rues peut être expliquée entre autres par le manque d’éducation et les frustrations sociales, il n’est pas normal d’abandonner l’école à ce sort. Comment s’expliquer que les agences bancaires et les magasins de commerce par exemple sont tous gardés par un vigil alors que les écoles ne sont pas gardées ? L’enseignement serait-il moins important que la monnaie et le shopping ?
Heureusement, certaines initiatives aboutissent ici et là. Le lycée Lyautey a mis en place un système de sécurité privé qui a réduit significativement l’insécurité à ses portes. Le lycée El Ouaha quant à lui a bénéficié d’agents de sécurité affectés par les autorités tandis que des associations de parents d’élèvent du lycée Khenata Ben Bakar à Casablanca ont pris l’initiative d’instaurer un système de sécurité. Ce sont des mesures efficaces, mais combien de lycées marocains demeurent sans protection ? Combien d’autres drames comme celui de cette enseignante à attendre avant de prendre des mesures d’envergure ?
Un gardien pour l’école, un éducateur pour les délinquants
Il doit être inscrit dans la charte ou le cahier des charges de tous les établissements scolaires de mettre en place d’un système garantissant la sécurité des élèves et du corps enseignant. Les écoles privées doivent engager des vigils ou une entreprise de sécurité. Les écoles publiques doivent pouvoir bénéficier systématiquement d’agents fournis par les autorités. Ce personnel doit être en mesure d’assurer la sécurité et de collaborer avec la police pour la traque des délinquants et des dealers de drogue.
Puisque tous les élèves n’ont pas la chance d’être attendus par une voiture pour les accompagner chez eux, les écoles doivent être obligées d’assurer le transport des élèves et du personnel. Des bus faisant des rondes par quartier faciliteront leur vie quotidienne. Le coût de fonctionnement de ces bus ainsi que des agents de sécurité serait certainement inférieur à celui de l’insécurité. Il aurait été préférable pour tout le monde que l’Etat se charge de la sécurité de cette enseignante plutôt que de lui payer aujourd’hui son arrêt maladie qui s’est imposé à elle et dont elle se serait bien passée.
Enfin, le mal, dont cette délinquance est un symptôme, doit être traité à la source. Des éducateurs de rue doivent être employés afin d’aborder les jeunes errants et de les aider à s’orienter vers une voie plus saine pour eux. C’est que la violence qui surgit d’une personne n’est que peu de choses à coté de la souffrance qui brûle en elle.
*Source : Article d’Assabah
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