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Ton avis sur ma proposition

Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 13:04

Résumé :

Le droit du travail a visiblement encore du mal à s’imposer en tant que norme dans le monde professionnel. Pourtant, l’économie marocaine ne saurait progresser durablement sans garantir aux travailleurs leurs droits et leurs sécurités. Il est donc de l’intérêt national de combattre les violations du droit du travail et de promouvoir des relations saines entre employeurs et employés.

 

Les faits :

Cela se passe dans les terres agricoles de Sidi Kacem. Un groupe de travailleurs vient d’être renvoyé suite à la constitution de bureaux syndicaux. Les propriétaires exploitants, les frères Ben zeroual, ne semblent pas avoir de l’estime pour les besoins de leurs employés. Ils n’ont même pas daigné assister à la réunion officielle avec les délégués du Ministère du travail et de la Fédération démocratique du travail tenue le 11 Septembre dernier.

Cette réunion a discuté des revendications des employés : Accorder le salaire minimum du secteur agricole soit 55 DH par jour au lieu de 30 DH, déclarer les employés à la CNSS, fournir des cartes de travailleurs et des bulletins de salaires aux employés, accorder des congés payés et des primes d’ancienneté, etc. En somme, il s’agit simplement de demander à appliquer la loi en vigueur au Maroc, d’être traités dignement.

 

Problématique :

Le Maroc ambitionne de devenir un pays démocratique et développé. Cela suppose donc que l’activité économique soit régie selon des lois garantissant les droits de chacun. Le Code du travail impose aux employeurs d’accorder aux salariés un certains nombre de droits fondamentaux et de les déclarer aux différents organismes sociaux afin qu’ils bénéficient du relais de l’Etat en matière de protection sociale.

L’observation des obligations sociales envers les employés a un coût pour l’employeur. Ce dernier ne voit de conséquences dans la déclaration de ses employés qu’une charge supplémentaire à supporter en termes d’impôts, taxes et autres contributions sociales. Néanmoins, ce que ces exploitants ne voient probablement pas, c’est que s’ils respectent et traitent leurs employés dignement en leur accordant leurs droits, ces derniers seront d’avantage motivés dans leur travail et apporteront donc d’avantage de valeur à l’exploitation. Ce qui est bon pour leurs employés est aussi bon pour eux.

Quoi qu’il en soit, les droits sociaux des employeurs ne sont pas censés être suspendus au bon vouloir des exploitants. La justice doit intervenir de tout son poids pour faire respecter la loi lorsqu’elle est ainsi bafouée. D’ailleurs, paradoxalement, Boubker Benzeroual ne semble pas craindre la justice puisque, d’après les sources citées par l’article d’Assabah, « il invite les employés qui souhaitent ouvrir le débat social à recourir à la justice »

Par ailleurs, la majorité des entrepreneurs sont allergiques aux projets syndicaux. Ils mettent en avant les cas où les employés syndiqués ont abusé de leurs droits sociaux et ont parfois contribué par leurs actions et leurs grèves à répétition à la faillite de leur entreprise. L’action syndicale, qui affronte de défis sérieux d'organisation au Maroc, doit être responsable et réfléchie pour être utile et efficace, et le Maroc se dote actuellement d’une réglementation encadrant le droit de grève et le réglement des conflits par l'arbitrage.

 

Proposition :

La justice doit se saisir de ce dossier et juger les exploitants qui ont enfreint la loi en refusant de déclarer leurs employés. Néanmoins, le jugement ne devrait pas mettre en péril l’exploitation afin d’éviter que les plaignants ne passent d’une situation professionnelle précaire au chômage.La réforme de la justice en cours actuellement dans le Royaume c’est aussi que la loi soit appliquée à tous les concitoyens sans exception.

Les employés renvoyés, au lieu d’augmenter les rangs des martyrs du syndicalisme marocain, doivent être réintégrés dans leur milieu professionnel. Le minimum des droits que leur accorde le Code du travail doit leur être accordé. 

Une autorité de l’Etat indépendante doit être érigée avec pour mission de promouvoir et défendre le droit syndical de tous les travailleurs marocains. Il est indispensable de promouvoir l’esprit démocratique dans le fonctionnement des entreprises marocaines, cela apportera satisfaction sociale et prospérité économique.

Par Chraîbi Réda - Publié dans : Economie
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