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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /2009 12:46
Les faits :
Depuis quelques semaines maintenant, les taux d'intérêt bancaires ont augmenté au Maroc. Y a t-il une justification économique à cette augmentation ou s'agit-il uniquement d'une volonté concertée des banques de la place de saigner d'avantage leurs clients ? Même
le gouverneur de la banque centrale s'interroge et "
attends des arguments de la part des représentants du Groupement professionnel des banques du Maroc" pour justifier cette hausse. Cela est d'autant plus étonnant que le dernier conseil de Bank Al-Maghrib, réuni en début de semaine dernière, a décidé de maintenir son taux directeur à 3,25%. 

 Problématique :
 Pour rappeler grossièrement leur model économique classique, disons que les banques empruntent l'argent depuis la Banque centrale pour le prêter ensuite aux clients. Elles font du bénéfice puisqu'ils louent par exemple à 5% un argent qu'elles ont elles mêmes emprunté à 3%. 
 Rappelons aussi que les politiques monétaires consistent en gros à jouer sur le prix de l'argent pour modérer une surchauffe économique, une inflation, ou au contraire pour soutenir la consommation et l'investissement. Dans le contexte de crise économique actuel, toutes les banques dans le monde ont baissé leur taux afin de soutenir l'économie et de relancer les secteurs. 
 Au Maroc, la crise n'a pas énormément affecté le monde financier, mais tous les secteurs qui dépendent de l'économie mondiale ont été touchés.   L'exemple du secteur immobilier est édifiant. La Fédération marocaine de l'immobilier souligne la crise du secteur notamment du logement social et met en cause "la hausse des taux d’intérêt enregistrée dernièrement et la difficulté rencontrée par les promoteurs dans leur demande de crédit". Le rôle des banques aujourd'hui est de fournir aux entreprises et aux particuliers des moyens de financement abordables afin de subvenir à leurs nécessités au lieu de rendre les crédits encore plus chers.
 Le plus curieux dans ce dossier est le fait que cette hausse des taux est simultanée chez toutes les banques. Elles ont toute avancé dans le même sens et au même pas, ce qui laisse soupçonner une entente, une démarche contraire à l'esprit de concurrence. Le problème est que la justice économique voudrait que l'on soit ou bien dans une économique de "concurrence pure et parfaite" où les prix sont fixés par le marché (et non par les banques) ou bien que l'on soit dans une économie planifiée où les prix se justifient par des études stratégiques claires. Ici, la seule stratégie qui semble être en place est le profit égoïste du capital au détriment de toute l'économie.

Proposition : 
 Il est indispensable que l'Etat intervienne, d'une manière ou d'une autre, pour contraindre les banques à baisser les taux d'intérêts. On peut envisager une marge maximale entre le taux directeur et le taux pratiqué par les banques, que cette marge qui existe certainement (je ne suis pas expert) soit réduite d'avantage.
L’Autorité de la concurrence du ministère des affaires économiques marocain doit mener son investigation sur ce dossier et s'il s'avère que l'accord entre les banques a bien eu lieu, que des sanctions à la hauteur du préjudice soient appliqués.
A la source de la crise économique actuelle, il serait bon, à terme, de bon prendre une mesure radicale envers le secteur financier. Je suis pour la nationalisation pure et simple des services bancaires traditionnels à savoir la gestion des dépôts et la distribution des crédits. C'est une mesure qui sort droit des programmes communistes, mais il faut savoir dépasser les clichés gratuits. En créant un pôle financier unique, l'Etat se chargerait de faire circuler l'argent dans les divers circuits économiques tout en en veillant à l'adéquation du niveau général de liquidité et les grandes orientations de la politique monétaire. Ainsi, s'ils sont rémunérés, les intérêts sur ces prêts reviendront à l'Etat, donc à nous tous, et constitueront une redistribution de la richesse. En somme, il faut que l'accès au financement soit un service public. 
Par Chraîbi Réda - Publié dans : Economie
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