Les faits :
L’Agence Nationale des Ports (ANT) a décidé récemment du transfert du secrétaire général du syndicat nationale des commandants de navire au Maroc, Najem Naji, du port de Kénitra à celui d’Asfi, et du retrait de son statut de commandant malgré ses 20 ans de métier.
La décision fait suite aux pressions portées par le syndicat afin d’ouvrir un dialogue social avec l’ANT et
de faire suite aux lettres qui lui ont été envoyées ainsi qu’au ministère de l’équipement, lettres restées mortes depuis.
Selon l'article d'Assabah, suite au non respect des accords passés entre les commandants, l’ANT et Marsa Maroc, le syndicat s’est apprêté intialement à annoncer une grève à partir du lundi dernier (le 07), mais l’a reporté en attente de la réponse de l’ANT à leurs revendications. Ces dernières peuvent être résumées ainsi :
Problématique :
Le droit syndical est fondamental pour une économie qui veut fonctionner en harmonie et dans le respect des différents acteurs y concourant. Principe démocratique par excellence, il est un moyen pratique de donner une voie à ceux qui font vivre une compagnie ou un secteur. Par conséquent, le fait de faire obstruction au droit syndical, en sanctionnant par exemple les responsables syndicaux, nuit au dialogue social et, de fait, nuit au bon fonctionnement de l’appareil.
Le droit à la formation continue est un acquis social d’autant plus important que l’évolution de l’environnement du travail s’accélère. La qualité des manœuvres et opérations effectuées par le personnel dépend de leur niveau de connaissance mis à jour. Aussi, le saut technologique dans les équipements ne peut s’exonérer d’accompagner le personnel au changement. A ce propos, Un accord de coopération en matière de formation portuaire a en effet été signé en juillet dernier entre l’ANP, et l’Antwerp Ports Training Center (APEC), qui représente le Centre de formation du port d’Anvers intervenant au niveau international, dans l’objectif de contribuer au développement des compétences dans les secteurs portuaire et maritime.
De même que pour
tous les transporteurs, il en va de la sécurité générale que la santé des commandants de bateaux soit ménagée. Or, le travail pénible des commandants de
bords nécessite de respecter un temps de repos hebdomadaire et de ne pas enchainer excessivement les heures de travail.
Compte tenu de l'importance stratégique de l'activité économique des ports du Royaume, il serait de l'intérêt national de mettre tout en oeuvre pour éviter que le conflit social tourne à
la grève.
Proposition :
Il est urgent de revenir sur la décision de transfert et de sanction du commandant Naji et de lui garantir le plein exercice de son mandat syndical. Il ne saurait y avoir de dialogue social si les partenaires sociaux sont maltraités.
Il est indispensable d’accorder au personnel un droit à la formation continue afin qu’il puisse mettre à
jour et développer sa connaissance de son métier. Le savoir faire né ainsi de la connaissance et de l’expérience pourrait par la suite être exporté vers des pays africains voisins.
Il est impératif de respecter les 44 heures hebdomadaires de travail. Au-delà de la conformité au Code du travail, les commandants de bords doivent pouvoir exercer leur métier dans la sécurité tout en compensant et récompensant justement les efforts supplémentaires.
Enfin, ayant tardé à intervenir sur le conflit des pilotes de la RAM, le ministère de l’équipement devrait se saisir de manière urgente et sérieuse de ce dossier en dépassant l’idéologie libérale qui a nourrit la réforme portuaire. A l’approche de la journée mondiale de la mer (27 septembre), une issue contentant l’ensemble des acteurs du métier devrait être trouvée.
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