Etat des lieux :
Le cas se base sur ce malheureux fait divers qui a fait l’objet de ce reportage sur 2M
Ce qui n’est pas dit dans le reportage, mais précisé dans Almasse, est que le juge accusé a tenté de soudoyer le père de la victime pour taire cette affaire. Ce dernier, qui a vu la vie de sa fille basculé dans l’enfer, a refusé de marchander ce crime et a participé à la manifestation de samedi devant la cours d’appel d’Oujda aux cotés d’associations de protection de l’enfance.
Problématique :
Les organisations des droits de l’homme à l’échelle mondiale bannissent le travail des enfants, et le considère comme de l'esclavage. Nous sommes tous d’accord que, dans le meilleur des mondes, la place de l’enfant est à l’école et dans les parcs de jeux. Néanmoins, le Maroc n’est malheureusement pas le meilleur des mondes pour une bonne partie des enfants. Ces derniers ont pour mission, dès leur jeune âge, d’aider leur père à subvenir aux besoins de la famille. Cela se traduit souvent pour les jeunes filles de se voir placées dans des foyers en tant que servantes. Le nombre d’enfants travailleurs de moins de 15 ans s’élève au Maroc à 177.000, dont 66.000 enfants servantes.
Le souci vient non seulement de ce que ces enfants sont ainsi privées d’enfance et d’éducation proprement dite, mais aussi du fait que les conditions de vie pour
ces enfants est totalement précaire.
Elles ne bénéficient en effet d’aucune garantie quelle qu’elle soit quant à leurs conditions de travail (nature des tâches à exécuter, horaires, logement, etc), ni ne
bénéficient de la rémunération de leur travail. Ce faisant, elles demeurent à la merci de leur employeur, de sa bonté ou de sa cruauté. Human Right Watch dénonce "des abus physiques et verbaux fréquents, refus d’éducation, de
nourriture et de soins médicaux appropriés, et du harcèlement sexuel de la part d’employeurs ou de membres de la famille de leurs employeurs". Pour le cas de la petite Zineb, originaire de
Taza, la cruauté semble avoir atteint son paroxysme, mais combien d’autres Zineb souffrent tous les jours dans les foyers où elles travaillent ?
Pour le Maroc, comme pour d’autres pays pauvres, cette situation est dramatique et nécessite d’être corrigée progressivement. Il est peut être utopique de proclamer et d’interdire de faire le travail des enfants sans donner des alternatives, mais le chemin vers cette utopie peut être gravi pas à pas.
Proposition :
Accorder des aides sociales aux familles les plus pauvres afin qu’elles ne soient pas contraintes de faire travailler les enfants au lieu des le envoyer à l’école. La scolarité pour cette catégorie de la société devrait être totalement gratuite tant pour l’enseignement que pour l’équipement scolaire. A ce propos, l’opération de distribution de cartables équipés est une bonne initiative qui devrait être étendue dans tout le Royaume.
Donner à l’Association « Touche pas à mon enfant » (touche pas à mes enfants) ou à une institution publique le droit de recenser et de contrôler le travail des enfants servantes, le droit d’entrer dans les maisons pour discuter avec elles et vérifier si elles sont traitées dignement. Encourager leur éducation et leur alphabétisation. Ouvrir et faire connaitre un centre d’accueil pour les enfants servantes qui veulent fuir d’urgence le foyer dans lequel elles travaillent, afin que plus aucune Zineb Chtet n’èrre dans la rue dans le sang en demandant l’aide d’inconnus. Ces centres auraient pour mission de protéger juridiquement et assurer l'intégrité des servantes maltraitées. Human Right Watch propose également de formaliser le travail des domestiques en contrat de travail, cela peut sûrement aider en effet à protéger juridiquement mais le contexte marocain souffre de la non déclaration des travailleurs sur bien d'autres secteurs du travail, ici aussi du progrès doit être fait.
Quant au fonctionnaire de la justice, pour ne pas dire juge, qui est accusé de maltraitances inhumaines envers la petite Zineb, l’enquête devrait être menée
jusqu’au bout et, si l’accusation confirmée, aboutir à une sentence exemplaire.
La réforme de la justice annoncée ici et là commencerait dans ce cas par nettoyer le personnel d’individus indignes de travailler à faire respecter la loi et l’ordre. Ce
dernier ne pouvait ignorer le Code de travail qui interdit l’emploi d’enfants âgés de moins de 15 ans.
Enfin, Cette sinistre affaire devrait inciter les parlementaires à s’empresser d’adopter, dès cette rentrée, le "projet de loi contre le travail des petites
bonnes"* portée par Nouzha Skalli dont «l'objectif est d’arriver à un Maroc sans petites bonnes d’ici 2010». Ce dernier est toujours à
l’étude au secrétariat général du gouvernement. Le texte en question prévoit des sanctions contre toute personne qui emploie un enfant de moins de 15 ans en tant que domestique et ce sans
prendre en considération l‘autorisation du tuteur, toute personne qui joue le rôle d’intermédiaire dans l’emploi des enfants et aussi toute personne qui s’abstient de porter assistance à un
enfant alors qu’il pouvait intervenir soit personnellement soit en notifiant les autorités concernées. Cette dernière disposition aurait pu éviter bien des blessures à la petite Zineb, mais peu
de gens osent encore dénoncer ces crimes, pourtant c'est un devoir citoyen.
En attendant, je me joins symboliquement au sit-in organisé la semaine dernière par l'AMDH pour dénoncer les bafouements des droits de l'enfance:
*L’utilisation du terme « bonne » est indigne pour ces enfants servantes, Mme Skalli lui préfère "petites filles en situation de travail". Jean Jaurès disait : "quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots." Puissions-nous lui donner tort sur cette question.
Il y a vraisemblablement dans l’homme une part de monstruosité sauvage dont il peine encore à se débarrasser.
il y a 20 ans de cela dans mon quartier à Salé il y avait une petite fille qui a essayé de sauter d´une fenêtre du
4eme étage, elle l´a fait pour s´enfuir de son enfer, qu´elle subissait toute seule, l´affaire n´a pas donné de suite, probablement parceque les gens chez lesquels cette fille a travaillé, ont menacé le pére de la petite fille, ou l´ont corrompue tout simplement...
il faut dire Réda, et malheureusement dans pleins de cas c´est le cas, qu´il y a aussi certains pères de familles, sans scrupules, trouvent leurs comptes dans ce "Commerce", ils donnent leurs filles pour travailler chez des inconnus sans se soucier des conditions ou elles travaillent, ils viennent leurs rendre visite que chaque mois, juste pour prendre le butin et disparaitre...
J´ai connu quelques pères qui donnaient leurs filles pour travailler(parfois ils avaient 3 4 filles à donner travailler chacune d´elles rapporte jusqu´à 1000Dh le mois)pour ne plus avoir à travailler et se balader dans les cafés...
le cas de Zineb est un cas typique, qui demande, certes, une intervention de L´État et la société civile ainsi que les Associations de défense de l´enfance, mais ça demande aussi , et cette fois de nous tous, tous les marocains, une moralisation de la société, pour comprendre enfin que tout marocain à le droit de vivre dans la dignité humaine, et que le corps de chaque personne est aussi sacré que toute autre chose; et c´est un travail de longue halène...
Oh Maman!
Oh jolie Maman!
Que c’est joli ça, non?
Tu me dis, Mehdi,
Ne fais pas de bêtise!
Prends un dirham du beztam°
Et vas chez l’épicier du coin
Achète-toi un petit pain
Et fais attention à la circulation!
Comme ça je vais à l’école
Avec un petit pain
-Un tout petit pain-
Alors que les copains
Y vont le ventre plein
Mais moi,
-Tan pis pour moi!-
Je vais à l’école
Avec un petit pain
Car Maman
-Pauvre Maman!-
N’a pas pu dormir tôt la nuit
Car Papa
-Salut Papa!-
Ne l’a pas laissée dormir,
Juste pour son plaisir!
Et moi
Je vais le matin à l’école
Avec un petit pain
Et j’apprends l’Espagnol!
Oh que c’est joli!
Dites à Maman:
Ne t’en fais pas!
Et à Papa:
Bonne nuit!
° Bourse, porte-monnaie en dialecte marocain.
Replay :
Comme je l’ai signalé chez mounir
Nous avons outrepassé le seuil de la cruauté en cautionnant par notre passivité ce type d’esclavage
Il faut agir et il faut agir vite, à commencer par ce juge, il faut une sanction exemplaire, le virer
D’autre part je ne vois pas d’un bon œil l’opération de distribution de cartables, elle a contribué à la faillite de petites librairies, il serait judicieux d’une allocation de rentrée scolaire….
le mythe, je suis sceptique quant a l'idee que les cartables distribues soient un manque a gagner ou une pertes pour les librairies, car a priori ils ont ete distribues a une categorie de gens qui ne font pas partie des clients potientiels des librairires. neanmoins, il serait en effet pertinent que les actions sociales d'envergure ne conduisent pas a des faillites de petites entreprises, en les associant justement a cette initiative.
ps . desole pour les fautes de frappe, je suis actuellement a Stockholm et le clavier est byzarre.
Dans un monde un peu plus réaliste, il serait urgent que l'Etat prenne le problème à bras le corps et décide de punir (dans un premier temps) les personnes qui exploitent des fillettes...Cela dissuadera les gens d'embaucher au noir des mineures.
Dans un second temps, l'Etat devra vérifier que les aides à domiciles, les femmes de ménages, sont sous contrat (contrat un peu moins contraignant que ce que stipule le droit du travail aujourd'hui pê). Nous visons un sécurité sociale pour tous, alors pourquoi ne pas légaliser le travail des femmes de ménage?
Arrêtons de prendre des fillettes dont la place est à l'école pour travailler dans nos maisons...à nous de relayer le message...
Arrêtons de taire les sévices qu'exercent nos voisins sur leurs "petites bonnes"...
Basta Ya!
Le dossier "petites bonnes" est très complexe, alors soyez moins naïfs et arrêtez de crier aux solutions faciles.
Ce n'est pas un problème de travail des enfants, mais tout un problème social, et transversal en plus.
Vous voulez mettre ces filles à l'école? d'accord, mais où sont les écoles? même s'il y en avait assez, accomplissent-elles leur travail comme il faut en tant qu'institution? eh bien non! Et même si le père de 6-8 enfants aurait une bonne conscience, il serait obligé d'envoyer ses filles travailler par manque de ressources, surtout dans la rural.
Les petites bonnes est le phénomène qui génère le plus souvent les mères célibataires au Maroc, et voilà donc un autre problème, dont la cause est l'enfoncement dans des interprétations de religion, les tabous sociaux autour du sexe, etc.
D'autre part, je ne crois pas aux statistiques officielles (il n'y a qu'à consulter le pourcentage du chômage et la ridicule définition de "personne active"), et même s'ils étaient vraies, il faudrait compter aussi la presque totalité des enfants Marocaines qui sont mises à l'esclavage du ménage familier (répartition des tâches en fonction des sexes) et la "préparation au mariage", cela aussi c'est de l'esclavage mais sans sortir de chez soi.
Si on veut lutter contre le travail des petites bonnes donc, il faut régler tous les problèmes sociaux y afférents:
- la famille qui les produit: aide économiques, planification familiale, assistance dans le travail du père, etc.
- l'école...
- la famille qui les reçoit: comment faire en sorte que les ménages urbains modernes n'aient pas besoin de bonne? et ça c'est aussi très difficile car ça relève du changement des mentalités: il faut que l'homme abandonne son machisme et croit en l'égalité des sexes et qu'il s'occupe aussi avec sa femmes des tâches ménagères.
Avec toute la bonne volonté du monde, il est pratiquement pas évident de s'attarder sur tout cela d'un seul coup.
Il y a eu une loi "annexe" au code du travail qui définit les conditions de travail domestique, mais en plus d'être un peu ridicule, on connaît très bien la portée des lois chez nous.
Après tout cela, je pense que le changement est toujours progressif, et qu'il y aurait malheureusement davantage de filles victimes de travail d'enfance.
Le travail des enfants devrait etre banni, non pas progressivement comme vous le suggerez, mais d'un seul coup. Il faut aussi creer des mecanismes pour verifier que la loi est suivie a la lettre.
Les enfants doivent aller a l'ecole, pas servir d'esclaves modernes a des familles qui ne se soucient que de leur bien etre.
J'ai honte quand je vois des choses pareilles. Honte pour ces familles.
Les mentalites au Maroc ne changent que si la loi est ferme avec ce genre d'agissements. Quand je pense que le monstre qui est responsable des cauchemars de Zineb est un juge. Ou est le ministre de la justice? que fait il? Il faut donner un exemple, il faut condamner de la facon la plus ferme ce genre d'agissements.
Je vis dans un pays ou ce genre de comportements a disparu depuis des decennies deja, mais mon coeur reste toujours dans mon pays d'origine.
Yahia et Mouka,
Je suis d’accord avec vous à 100%. Le mot d’ordre pour changer les choses est bien des lois, et des lois appliquées. Mais une loi ne saurait être comprise et respectée si elle ne s’accompagne pas par des mesures d’alternatives et de promotion. Les médias doivent relayer la problématique des bonnes au Maroc d’avantage que ce qui a déjà été fait. L’Etat, quant à lui, doit pouvoir assumer de prendre en charge l’éducation des enfants et de garantir ainsi leurs droits les plus élémentaires.
Ne perdons pas espoir, avec l’effort et la solidarité de tous, Le Maroc progressera sur cette question.
Je ne connais pas le contenu du projet de N. Skalli. Des sanctions contre employeur, middle-men et parents (leur retirer la garde de l'enfant). Donc voila on les sanctionne tous...reste l'enfant! quelles sont les solutions pour l'enfant? adoption, centres specialises dans la recuperation de petites bonnes? A mon avis, le Maroc a besoin d'un renouveau civil, une revolution mentale: comment construire ce mouvement et le financer? les moyens financiers et humains sont partout et nulle part au Maroc...je reste convaincue que nous sommes capables d'un renouveau. Les medias, ONG, Parti Politiques, Associations sous differentes formes ( memes sportives, artistiques , etc, ) devraient travailler de concert a travers une coordination des efforts et une ligne de base commune. Sommes nous tous capables de condamner unanimement ce qui est arrive a Zineb? si oui, est- il possible de rallier TOUS les partis politiques, le GOVERNEMENT, les Associations sous toutes leur forme, les MEDIA, pour denoncer UNANIMENENT et SANS conteste ce crime? Si cela est possible, si on peut creer un momentum a l'occasion de cette affaire, on pourrait peut etre faire bouger un petit doigt, et non pas juste faire fremir quelques coeurs. l'AMDH a elle seule ne peut pas applaudir. Si tous les acteurs de la societe civile, politique etc, peuvent au moins se mettre d'accord que ceci est intolerable, alors ils seront aussi capables de s'allier autour d'une cause commune et trouver des solutions durables. Desolee pour le long commentaire.
Merci Noor pour ton commentaire. Je suis à 100% d’accord avec toi. C’est affaire est à l’image d’un attentat terroriste contre l’enfance marocaine. Elle doit réveiller toute les consciences sur cette problématique et inciter le gouvernement à travailler de concert avec la société civile pour apporter une solution globale à ce problème. Une solution qui réponde aux causes sociales et économiques qui font que ces petites bonnes se retrouvent prisonnières et privées de leur enfance.
A nous tous de relayer cette cause dans nos milieux respectifs pour la faire avancer !