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Ton avis sur ma proposition

Jeudi 27 août 2009 4 27 /08 /2009 12:49

 

Pas la peine d’aller chercher votre document administratif, les collectivités locales sont en grève aujourd’hui et demain. A part Lematin et Assabah, personne ne semble s'en soucier alors que le Ministère de Tutelle, à définir, devrait se charger de ce dossier.

 

Etat des lieux:

Les deux syndicats du secteur des collectivités locales FDT et UMT appellent aujourd’hui et demain les 300.000 ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales du Royaume à une grève afin “d'attirer l'attention des responsables et en particulier le ministère de l'Intérieur pour l'ouverture d'un dialogue. Mais aussi pour mettre sur la table toutes nos revendications.”

Le résumé de ces revendications est le suivant:

-          Défendre l’activité syndicale et réinsertion de ceux qui ont été licenciés pour activité syndicale

-          Augmentation des salaires pour faire face à l’augmentation du coût de la vie.

-          Récupération de l’indemnité spéciale due à la suppression des échelles 1 à 4

-          Suppression de la discrimination entre les fonctionnaires de l’Etat et les fonctionnaires des collectivités, en matière de droits et du bénéfice des accords conclus,

-          Réaliser l’institut des oeuvres sociales pour les fonctionnaires des collectivités locales

-          Mise en oeuvre d’examen d’aptitude professionnels pour la promotion des fonctionnaires

-          Régularisation des employés diplômés et non insérés dans leurs échelons respectifs        

 

Problématique:

En ces temps de grèves multipliés dans plusieurs secteurs, dont celui de la RAM ou celui du textile, il existe un gouffre grandissant entre les salariés et les employeurs ou les organismes de tutelles qui souffrent d’un manque voire d’une absence de communication et de dialogue de concertation. L’expérience d’autres pays, notamment comme l’Allemagne ou la Suède, montre qu’un système où les syndicats sont bien organisés et respectés par les employeurs prévient les conflits sociaux et favorise la bonne collaboration et l’efficacité des employés.

 

Le droit au syndicalisme au Maroc est prévu par le Code du travail. Néanmoins, dans les faits, il est rarement appliqué et respecté par les employeurs. Par exemple, le Code du travail interdit spécifiquement aux employeurs de licencier des travailleurs qui auraient participé à une action légitime de syndicalisation. Or, nombreux sont les cas de personnels licenciés justement pour avoir mené des actions de revendications sociales. Certains présidents des collectivités locales et des gouverneurs des provinces et des préfectures confisquent les droits syndicaux, limitent leur exercice. La Confédération Syndicale Internationale, quant à elle dénonce dans son rapport l'internement de 14 syndicalistes marocains durant l'année 2007. 

 

Par ailleurs, le coût de la vie au Maroc a effectivement augmenté récemment, dénoncé par des manifestations populaires successives durant l'année dernière. Cela touche en premier lieu les salariés aux revenus modestes qui voient ainsi leur standard de vie se dégrader. Or, des employés qui vivent mal leur situation économique ne sont pas efficaces dans leur travail, et cela n’est bon ni pour eux ni pour la collectivité ni pour les administrés.

 

D’un autre coté, quiconque a eu affaire à l’administration marocaine a probablement eu à patir de la lenteur et de la difficulté de procéder aux fins souhaitées. La faute est facilement mise sur le dos de la mauvaise volonté et la mauvaise foi des agents, mais il n’échappe à personne non plus de constater de visu leur manque d’équipement et de formation.

 

Proposition:

Le Ministère de l'intérieur doit se saisir de la question du statut des employés des collectivités locales, qui date de 1977.

Il est nécessaire de promouvoir et de défendre le dialogue social en donnant aux syndicats les moyens de représenter correctement et efficacement les employés. La justice doit défendre le droit des salariés à entreprendre des actions syndicales légitimes et appliquer les lois qui sanctionnent les abus des employeurs. Ici, il est nécessaire de réinsérer les agents des collectivités locales licenciés pour ces motifs et de leur garantir leurs droits sociaux, notamment M. Rami BOUJEMAA relevant de la municipalité de Tifelt, province de Khemisset qui a été suspendu depuis 3 ans et Abderrahim EL BAGHDADI, fonctionnaire à la commune de Tsiris, province d’El Jadida qui a été victime d’une décision de suspension du salaire pour une durée de 4 mois, selon un communiqué de la Fédération nationale des ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales (UMT).

 

Les salaires doivent être examinés et revalorisés afin de permettre à chaque agent de vivre dignement de son travail. La réorganisation des échelles ou des grades des agents ne doit pas conduire à une injustice. Les agents ayant réussis les examens d’aptitude professionels doivent être promus.

 

La modernisation du secteur public doit se poursuivre afin d’équiper correctement des collectivités locales du matériel nécessaire, la part du budget consacré au TIC ne dépasse guère 1% selon le dernier rapport du Ministère de tutelle. La modernisation est aussi doter chaque agent d’un véritable rôle ou une mission précise à effectuer, motiver le personnel par des perspectives de carrières et de formations, faire la chasse aux emplois fictifs ou à l’occupation inutile des bureaux.

 

 

Par Chraîbi Réda - Publié dans : Fonction publique
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